En Allemagne, le G7 sonne la mobilisation sur le climat

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Ils en ont déjà promis davantage


Décidés à donner une impulsion aux négociations sur le climat à six mois de la conférence de Paris, les pays du G7, réunis en Bavière, se sont accordés, lundi, sur un objectif ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050.


Et si les pays les plus industrialisés prenaient leur part de responsabilités pour limiter le réchauffement de la planète et adoptaient des objectifs ambitieux à l’approche de la conférence de l’ONU sur le climat à Paris (COP21), prévue en décembre ? Ce doux rêve a commencé à prendre forme, lundi 8 juin, au cours d’une réunion du G7 en Bavière (sud de l'Allemagne). Le communiqué, publié à l'issue du sommet des dirigeants des sept puissances industrielles au château d’Elmau, peut être considéré comme de bon augure.


Les dirigeants du G7 se sont prononcés en faveur d'un objectif mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre "dans le haut de la fourchette" de 40 % à 70 % d'ici 2050 par rapport à 2010. Ces pays s'engagent aussi à "faire (leur) part pour parvenir à une économie mondiale sobre en carbone à long terme". Pour cela, ils veulent notamment s'efforcer "de transformer les secteurs énergétiques d'ici 2050" dans leurs pays. En d'autres termes, tourner autant que possible le dos au charbon, au pétrole et au gaz, au profit des renouvelables.



Des engagements "ambitieux et réalistes" pour un "accord solide"


Le président français François Hollande, qui a fait du sujet l'une de ses priorités, s'est félicité d'engagements "ambitieux et réalistes". Barack Obama a salué des progrès vers un "accord solide" sur le climat à Paris. La société civile s’est également réjouie de ces premiers signaux positifs. "Elmau a tenu ses promesses", a ainsi jugé Martin Kaiser, de Greenpeace. "Il s'agit d'une déclaration historique qui annonce la fin de l'ère des énergies fossiles", s'est félicité le collectif European Climate. Quant à Jennifer Morgan, en charge des questions de climat du World Resources Institute, elle a salué le fait que "pour la première fois, les dirigeants du G7 se rangent derrière un objectif de décarbonisation de l'économie".


Mais à Bonn (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), où se déroulaient des négociations multilatérales pour préparer la COP21, les réactions étaient plus mesurées. "Il n'est pas clair dans quelle mesure (les annonces de lundi) vont transformer le débat", a commenté sur place Alden Meyer, analyste climat de l'Union of Concerned Scientists, relevant que les pays du G7 formulaient des objectifs pour tous, mais prenaient eux-mêmes peu d'engagements concrets.


L'indispensable soutien des gros pollueurs


Angela Merkel et François Hollande voulaient obtenir de leurs partenaires du G7 une formulation forte, conscients qu'un ton timoré risquait de plomber les négociations élargies. Le compromis final, dont chaque mot est pesé, est "le résultat de négociations difficiles", a reconnu la chancelière allemande. Les quatre pays européens du G7 étaient d'accord pour une formulation assez poussée, mais le Canada et surtout le Japon, dont le mix énergétique accorde une large place au charbon, freinaient. Pour faire de la COP21 un succès, il faudra notamment s'assurer du soutien des gros pollueurs que sont la Chine, l'Inde, la Russie ou le Brésil.


Les pays du G7 (États-Unis, Canada, Japon, France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni) représentent à eux seuls 10 % de la population mondiale et environ un quart des émissions de dioxyde de carbone (CO2). Leur puissance économique va aussi être mise à profit. En plus de reprendre à son compte l'objectif de limiter le réchauffement de la planète à deux degrés par rapport à l'ère pré-industrielle, le G7 réaffirme son engagement à "mobiliser" 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 (fonds publics et privés) pour des initiatives pro-climat.


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