Réformer l’islam DE France : l’aveu d’un problème avec l’islam EN France

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Le bulldozer impérial islamique est en train d'écraser la France

Majid Oukacha est essayiste et blogueur, auteur de “Il était une foi, l’islam…”


Dans l’édition du JDD du 11 février dernier, j’ai appris, non sans étonnement, que le Président de la République assure vouloir « poser les jalons de toute l’organisation de l’islam de France » mais aussi travailler « à la manière de l'expliquer ». Dans la continuité de ses prédécesseurs Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, Emmanuel Macron appelle à une concorde bilatérale plus efficace avec les acteurs associatifs de l’islam dans notre pays. Loin du but officiel de cette mission, en l’apparence centrée sur des enjeux exclusivement communautaristes, nos gouvernants se sentent en réalité plus que jamais acculés par cette nécessité impérieuse de créer, par le biais de la politique, ce vivre ensemble avec l’islam qui s’avère ne pas fonctionner de façon naturelle et spontanée au sein du peuple français.


La République laïque dans laquelle nous vivons n’a pas toujours été peuplée des millions de musulmans qu’elle compte aujourd’hui. Notre nation aux racines chrétiennes, et dont les orientations culturelles se sont inscrites au cœur même de l’espace civilisationnel européen, n’a sans doute pas toujours bien perçu les vertus de l’islam « de paix et de tolérance » qui lui ont été présentées par un bulldozer impérial islamique dont la capacité de persuasion diplomatique a depuis ses origines plus reposé sur des guerres de conquêtes que sur des thés de la fraternité. L’ère des nations et des empires qui assumaient fièrement que le fort puisse définir le juste plus que l’inverse  est à présent derrière nous. La mondialisation qui mutualise, échange et met en concurrence les biens, les capitaux et les êtres humains d’un continent à l’autre est passée par là. Mais contrairement à certaines immigrations du passé qui ont su démontrer une réelle adaptation au creuset culturel et national français, l’immigration islamique semble faire face à des défis rendant plus discutable son intégration dans notre société.


Nos gouvernants ne se sentent le besoin de réformer que ce qui leur pose problème


Vous l’avez sans doute remarqué, la question de la compatibilité de la spiritualité chamanique des Inuits de l’Arctique nord-américain avec la société française n’est pas un débat particulièrement en vogue chez nous. Tant quantitativement que qualitativement, l’expression de cette idéologie n’est pas une priorité politique pour notre pays. Nos gouvernants ne se sentent le besoin de réformer que ce qui leur pose problème, et dans une société comme la nôtre, les problèmes de culte nécessitant des « réformes »ou de la « modernisation » concentrent toute l’attention sur l’islam. La réforme des organisations inuits de France (si elles existent) attendra.


À votre avis, pourquoi est-ce que notre République laïque qui « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » depuis le 9 décembre 1905 a de plus en plus besoin de mettre son nez dans les affaires religieuses privées de nos concitoyens musulmans ? Ne serait-ce pas là l’aveu que l’expérience multiculturelle fonctionne de moins en moins bien en France à mesure que la présence de l’islam dans notre société s’y consolide ?


L’islam de France voulu et décidé par de simples mortels ne pourra jamais être l’islam tout court. Celui qui est le plus à même de pouvoir définir ce que l’islam est et surtout ce qu’il n’est pas, plus que quiconque, c’est Allah ! Le Coran, verbatim des paroles de Dieu lui-même aux yeux des musulmans, est un système juridique et judiciaire fait d’obligations et d’interdits valables pour l’essentiel sans limite ni dans l’espace ni dans le temps. Ce caractère incréé du Coran, aussi bien valable au 7ème siècle qu’aujourd’hui, explique l’impossible aggiornamento de l’islam par rapport aux fondements libertaires et égalitaires des lois de notre Monde Occidental. Et ce triste constat théorique se vérifie plus que jamais dans la pratique.


Les « mécréants » destinés à un impitoyable Enfer éternel


Le dernier rapport du World Economic Forum sur le niveau d’égalité hommes-femmes publié en 2017 confirme de façon sourcée et statistique cette impression bien plus brutale que ce que les rumeurs et les fantasmes peuvent en dire : les pays musulmans sont de très loin les pays les plus phallocratiques du monde ! Je tiens d’ailleurs à préciser que cette étude, qui ne considère pas le niveau quantitatif des richesses d’un pays comme une valeur ajoutée primordiale, tente autant que faire se peut d’évaluer de façon macroscopique l’équité de traitement entre les hommes et les femmes dans l'accès à la santé, à l'éducation, à l’activité économique et à la représentation politique. Ainsi, des pays comme le Nicaragua ou les Philippines se retrouvent dans le top 10 des pays où l’égalité des chances entre les sexes est la plus élevée, devant des superpuissances économiques comme la France et l’Allemagne, respectivement 11ème et 12ème de ce classement néanmoins. Un autre exemple des plus parlants : aucun pays musulman dans le monde ne respecte ni ne défend le droit de quitter l’islam pour changer de religion. Ce climat philosophique aliénant et peu favorable à la coexistence pacifique entre les religions ne doit bien évidemment rien au hasard. Le dieu du Coran informe les Hommes que le Paradis de l’au-delà est interdit à tous ceux qui ne croient pas en lui, et surtout que ces derniers « mécréants » sont destinés à un impitoyable Enfer éternel.


La façon dont une société traite ses femmes ou ses libres penseurs est avant tout le reflet de l’ordre moral auquel cette société se soumet. La question de savoir si l’islamisation continuelle et croissante de la société française pourrait fragiliser le vivre ensemble dans notre pays se pose légitimement. Pourquoi donc devrais-je m’interdire d’établir un lien entre les territoires de notre pays les plus inhospitaliers pour les apostats de l’islam et la religion majoritaire de ces mêmes territoires ? Pourquoi donc devrais-je m’interdire de constater une corrélation entre les quartiers de notre pays où les femmes ont le plus peur de sortir de chez elles en jupe ou la nuit et la force culturelle dominante en ces mêmes quartiers ? Pourquoi donc devrais-je fermer les yeux sur cette intuition fataliste m’invitant à croire que, loin de tous les débats exégétiques du monde et de la bonne volonté affichée par les imams imberbes les plus photogéniques de France, l’arbre islamique ne se jugera jamais aussi bien qu’à partir des fruits de la réalité qu’il produit ?


Criminalisation de l’apostasie par Allah


Dans le rapport d’une mission d’information du Sénat sur l’organisation, la place et le financement de l’Islam en France et de ses lieux de culte, qui date de 2016, il est précisé qu’il y a presque 20 ans, l’État français alors représenté par son Ministère de l’Intérieur à la tête duquel officiait Jean-Pierre Chevènement avait accepté, à la demande de l’UOIF, de retirer « la mention du droit de changer de religion » dans un texte « rappelant les principes de la laïcité » devant servir de base pour une reconnaissance mutuelle entre notre République laïque et les représentants du culte musulman. Pour quelle raison sommes-nous descendus aussi bas ? Tout simplement car la criminalisation de l’apostasie par Allah, unanimement reconnue comme étant une évidence dogmatique à travers le Monde Musulman, est ce pouvoir excommunicateur et tyrannique sans lequel l’islam aurait disparu depuis bien longtemps, ce que beaucoup de leaders islamistes n’ignorent pas. Par conséquent, je compte sur notre Président pour insister précisément sur ce point crucial, aussi souvent que cela sera nécessaire, devant toute organisation politique ou associative se targuant de participer à la représentation de l’islam de France. La défense active et sans concession du droit de quitter l’islam et de changer de religion mettrait les instances représentatives du culte musulman devant leurs responsabilités, et sa couverture médiatique impulserait très certainement une dynamique intellectuelle sans précédent qui obligerait nos concitoyens musulmans à devoir se concerter entre eux, loin de la tutelle ou de l’arbitrage de l’État, afin de s’interroger sur le sens de toutes ces libertés individuelles criminalisées par Allah mais célébrées par Marianne.


Une religion dont 99 % des membres convaincus ont pour point commun d’avoir été éduqués par des parents ayant la même foi qu’eux et dont le fondateur menace de représailles physiques quiconque oserait la quitter, j’appelle cela une secte. Si les Français de confession musulmane veulent démontrer au reste des Français que leur spiritualité est une communauté d’intérêts philosophiques et apolitiques plus qu’une mafia sectaire dont les tabous et interdits dissuadent d’en sortir, ils n’auront pas d’autre choix que celui d’être libres.