Commission Gallant

Qui ne dit mot consent

Errare humanum est

Tribune libre

La comparution de la vice-première ministre et ministre des Transports, Geneviève Guilbault, devant la commission Gallant a résulté en un véritable aveu de non-intervention de la part de la ministre en lien avec les dépassements des coûts estimés dans le dossier SAAQclic. D’ordinaire plutôt calme et en maîtrise de ses dossiers devant les médias, c’est une Geneviève Guilbault nerveuse et déstabilisée qui s’est présentée devant le commissaire et le procureur Vincent Ranger.

D’entrée de jeu, la ministre a dû admettre devant la commission Gallant qu’elle avait été avisée bien plus tôt qu’elle le prétendait que des dépassements de coûts de 200 millions $ avaient été ajoutés à la facture du projet SAAQclic. En effet, des documents démontrent qu’elle a été informée en 2023 de ces dépassements par le PDG de la SAAQ à l’époque, Éric Ducharme, mais qu’elle n’avait pas jugé opportun d’en aviser les médias.

« Si on se place dans le contexte où on est encore dans un mode rétablissement post-chaos après le lancement raté de la plateforme SAAQclic, on ne nous a pas alertés outre mesure », a-t-elle soulevé pour sa défense. « On est à 120 millions de plus à donner au contractant. Dans le monde d’où je viens, c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup d’argent », lui a répliqué le commissaire Gallant. « Ça va tu coûter plus cher que ça devait coûter ? La réponse, c’est oui, c’est évident », a finalement reconnu Geneviève Guilbault. « On nous disait : sinon, on ne sera pas capable de faire la livraison, il y aura des bris de services… Il n’y avait aucune intention de dissimuler ou de retenir cette information-là. Si on nous avait posé la question, on y aurait répondu », a finalement argué la ministre pour expliquer son silence. Enfin un document résumant la « stratégie contractuelle » du virage numérique de la SAAQ envoyé au cabinet de la ministre en  2023 mentionne l’ajout de plus de trois avenants, pour un total de 120 millions, ainsi que deux autres contrats de « gré à gré » d’une valeur totale de 80 millions.

Dans toute cette saga, un fait demeure : la ministre Geneviève Guilbault a fait preuve d’une stratégie non-interventionniste pour le moins contestable, voire inacceptable dans un contexte politique où la transparence devait être priorisée compte tenu des sommes faramineuses engagées dans le projet SAAQclic et défrayées à même les poches des contribuables.

Errare humanum est

En septembre 2021, Pierre E Rodrigue, ex-sous-ministre de la Cybersécurité et du Numérique, assiste à une réunion où Karl Malenfant détaille le budget du projet CASA, qui est de 682 millions de dollars, comparativement aux 458,4 millions préalablement communiqués. Une note de service transférée au bureau du premier ministre Legault à la suite de cette rencontre indique que le budget total du projet était de 458 millions de dollars. « C’était une erreur », a sans hésiter confirmé M. Rodrigue, indiquant qu’on aurait dû y lire que le budget du contrat était de 682 millions de dollars et que l’intention n’était pas de berner M. Legault.

Une erreur de 224 millions! Ce n’est quand même pas une banalité…Mais comment un sous-ministre peut-il en arriver à justifier une telle « distraction »? Or comme le dit l’adage, « l’erreur est humaine ». Et vogue la galère dans le merveilleux monde de la SAAQ, une société d’État relevant à l’époque du ministre des Transports en la personne de François Bonnardel et dont les contribuables québécois assument les dépenses de leurs propres goussets…


Henri Marineau, Québec




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