Prix d'improvisation

Harper et la culture



(Québec) Après les coupes aveugles en culture, place aux Prix du Canada improvisés! Le gouvernement de Stephen Harper a changé de ministre du Patrimoine, mais son inaptitude à travailler efficacement avec le milieu des arts et de la culture demeure.
La création des Prix du Canada laissait déjà dubitatif. Comment un gouvernement peut-il couper les vivres aux artistes d'ici voulant faire connaître leurs talents sur les scènes internationales, et quelques mois plus tard, annoncer qu'il consacrera 25 millions $ pour une remise de prix à des artistes étrangers et canadiens du domaine de la danse, de la musique, des arts et de l'art dramatique qui se présentent sur nos planches?
Le choix d'Ottawa est discutable. Selon la Conférence internationale des arts de la scène, 3400 spectacles conçus par des artistes canadiens devront être annulés à l'étranger au cours des trois prochaines années, parce qu'Ottawa a aboli les programmes PromArt et Routes commerciales. Avec l'attribution de prix qui s'adresseront aux créateurs du monde entier, le milieu culturel canadien ne voit pas, avec raison, ce qu'il gagnera au change.
Il est bien que le gouvernement canadien reconnaisse le talent qui s'exprime sur nos scènes. Cela ne le dispense cependant pas de supporter les artistes et les créateurs d'ici pour qu'ils puissent étaler leur savoir-faire à l'étranger et faire rayonner le Canada. Ottawa persiste à nier cette évidence.
Discutable, la stratégie conservatrice s'avère en plus mal ficelée et téléguidée par Toronto. Le gouvernement Harper, qui se targue de bien gérer les fonds publics et d'être efficace, a en effet lancé ses prix Nobel des arts avant même que les supposés partenaires du projet n'aient donné leur appui. Tant pis pour la gestion efficace! À plus tard aussi la reconstruction de bonnes relations entre le gouvernement conservateur et le milieu des arts et de la culture! Le remplacement de Josée Verner par James Moore pouvait laisser présager une embellie. L'espoir s'étiole.
Le ministre du Patrimoine a bien tenté de se justifier à la Chambre des communes, en se dissociant des instigateurs des Prix, les hommes d'affaires torontois David Pecaut et Tony Gagliano. En vain. M. Moore a beau affirmer que le concept Pecaut-Gagliano n'est pas celui de son gouvernement, le mal est fait. Ottawa donne l'impression d'avancer à l'aveuglette, mais en plus, de se faire tout dicter de Toronto.
La prestation du ministre Moore est décevante. Autant pour les artistes que pour les contribuables qui espèrent que les sommes consacrées aux arts et à la culture soient bien utilisées.


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