Tous les prétextes semblent être bons pour vouer aux gémonies celui qui est devenu le nouveau mouton noir de la politique fédérale. Chacun de ses tweets est conservé sur la glace, afin, éventuellement, de servir de pièce à conviction susceptible de porter de nouvelles accusations contre ce politicien qui ose défier « la religion du multiculturalisme ».
L'espace public est pris en otage
Maxime Bernier a déjà émis plusieurs tweets qui dénoncent l'occupation de l'espace politique canadien par des activistes étrangers. S'étant offusqué du fait que Jagmeet Singh, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), avait pris part à un rassemblement séparatiste sikh à San Francisco en 2015, M. Bernier n'avait pas hésité à affirmer, en mars dernier, que « la politique canadienne devrait se concentrer sur les intérêts et le bien-être des Canadiens, pas [sur] les conflits dans les pays étrangers ».
Il a remis ça, la semaine dernière, en critiquant la vague de culpabilisation de notre mémoire collective qui s'abat actuellement sur le Canada. Ainsi, il n'a pas perdu de temps pour émettre un nouveau gazouillis qui risque d'en décoiffer plusieurs : « le Canada à l'ère du multiculturalisme extrême des libéraux: pendant qu'une statue de John A. Macdonald est enlevée à Victoria, un parc a récemment été nommé en l'honneur du fondateur du Pakistan à Winnipeg. L'indépendance du Pakistan a mené à 1M de morts ».
Inversion accusatoire
Comble de la malchance, le parc en question vient d'être vandalisé et notre lanceur d'alerte est accusé d'être un provocateur. Comme le rapportait La Presse Canadienne (PC), samedi dernier, « un leader de la communauté pakistanaise de Winnipeg affirme qu'un parc municipal dont le nom a suscité la colère du député québécois Maxime Bernier a été vandalisé ». Plus tôt cette semaine, le député conservateur Maxime Bernier a critiqué le nom du parc, qui honore le fondateur du Pakistan, en soutenant qu'il s'agit d'un exemple de ce qu'il a qualifié de « multiculturalisme libéral extrême ».
Le leader pakistanais, Rashid Ahmed, clame, haut et fort, toujours selon PC, « que d'autres membres de la communauté et lui-même pensent que les messages publiés sur le réseau social Twitter par Maxime Bernier ont motivé les vandales. Il a déclaré qu'il prévoit remplir un rapport de police ».