Une nouvelle commandite vient hanter Hydro

La société d'État a promis de verser 50 000 $ au Conference Board du Canada à l'époque où Thierry Vandal siégeait au conseil d'administration

Les petits barons - Thierry Vandal - HQ

Marco Bélair-Cirino - Autre chapitre dans la saga des dons et commandites controversés d'Hydro-Québec: la société d'État s'est engagée à verser 50 000 dollars au Conference Board du Canada. Le hic, c'est que le président-directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, siégeait aussi au conseil d'administration du groupe de réflexion et d'analyse économique du Conference Board lorsque la commandite a été accordée en 2006.
Hydro-Québec a promis de verser 50 000 dollars au Conference Board du Canada où M. Vandal a notamment accepté un mandat de deux ans à titre de président du conseil d'administration en novembre 2008, a appris la Presse canadienne hier.
Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, estime qu'il y a là apparence de conflit d'intérêts. «Cette histoire de dons et commandites dans laquelle Thierry Vandal est impliqué personnellement, ça fait penser aux poupées russes: quand on en enlève une, il y en a une autre en dessous», a affirmé le député péquiste de Jonquière à la Presse canadienne.
Selon Sylvain Gaudreault, il s'agit d'un élément supplémentaire qui suffira à convaincre la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, d'exiger qu'Hydro-Québec rende des comptes sur ses choix en matière de contributions financières.
La société d'État s'est engagée à verser 50 000 $ en commandite au Conference Board du Canada, entre 2006 et 2010, pour appuyer la réalisation de l'étude annuelle How Canada performs, qui compare différentes données socio-économiques du Canada avec celles d'autres pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). «Trois créneaux nous intéressent, soit l'économie, l'innovation et l'environnement. Le document contient des instruments de mesure qui servent à notre planification stratégique. Les gens ont considéré chez nous que c'était intéressant pour Hydro-Québec de contribuer à la publication de cette étude», a expliqué la porte-parole d'Hydro-Québec, Marie-Hélène Deveault. Mme Deveault ignorait toutefois que M. Vandal siégeait au conseil d'administration du Conference Board, lorsqu'elle a été interrogée par la Presse canadienne hier.
Plus tôt dans la journée, la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a égratigné le «jugement» du gouvernement de Jean Charest. «Le gouvernement réitère sa confiance en Thierry Vandal. Je crois que monsieur Charest fait une erreur de jugement, comme celle qu'a faite monsieur Vandal», a affirmé Pauline Marois, en marge d'une réunion de ses députés à Trois-Rivières.
Le candidat à la chefferie de l'Action démocratique du Québec Éric Caire s'est montré plus insistant et a pressé le premier ministre Jean Charest à démettre de ses fonctions Thierry Vandal. «Plusieurs articles ont été enfreints par la conduite de M. Vandal dans ce dossier-là. Il nous a montré que, non seulement il n'a pas de jugement, mais il n'a pas d'éthique. Il est incapable de respecter les règles de la société pour laquelle il travaille, dont il est le grand patron, le premier à donner l'exemple, a-t-il déclaré. À mon avis, il y a juste une chose à faire à partir de maintenant: le premier ministre doit limoger Thierry Vandal.»
Des contributions qui soulèvent l'ire
Hydro-Québec versera 15 000 dollars par année jusqu'en 2017 au Séminaire de Sherbrooke, dans le cadre de la campagne de financement régionale «Ensemble». De 2006 à 2017, Hydro-Québec aura donné 180 000 $ à l'établissement d'enseignement secondaire et collégial qu'a fréquenté le premier ministre du Québec Jean Charest au cours de ses études collégiales. Le directeur général de l'établissement, André Métras, a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de renoncer à la subvention.
Plus tôt cette semaine, le collège Notre-Dame et le collège Jean-de-Brébeuf ont respectivement fait une croix sur des dons de 250 000 $ et de 200 000 $ sur cinq ans d'Hydro-Québec en raison de la controverse qu'ils ont suscitée. Thierry Vandal a fréquenté les deux établissements et est à la tête du conseil d'administration du collège Notre-Dame.
Hydro-Québec a offert 31 500 $ en dons et commandites à des collèges privés l'année dernière, mais pas un sou à des écoles secondaires publiques. En plus d'avoir octroyé 15 000 $ au Séminaire de Sherbrooke, la société d'État a versé 10 000 $ à la Loyola High School, 5000 $ à la Fondation de l'école Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe ainsi que 1000 $ à la Fondation de l'école Jean-Paul II de Baie-Comeau et 500 $ à la Fondation Villa Sainte-Marceline de Westmount.
Hydro-Québec dit s'affairer à réviser ses orientations en matière de dons et commandites, mais a déjà annoncé qu'elle ne prendrait plus d'engagements envers des écoles privées.
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Avec la Presse canadienne


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