Pour être bien honnête, je dois admettre que la relation diplomatique aplaventriste de Mark Carney envers Donald Trump m’a excédé énormément dès les premiers jours où les deux hommes d’État se sont rencontrés. Or son allocution au Forum économique mondial à Davos m’a agréablement surpris. Enfin me suis-je dit, notre premier ministre se tient debout et appelle un chat un chat.
Finies les pirouettes acrobatiques par peur des doléances malveillantes, voire incriminantes du président américain. « Aujourd'hui, je vais parler d'une rupture dans l'ordre mondial, de la fin d'une fiction agréable et du début d'une dure réalité, où la géopolitique, où la grande puissance principale, la géopolitique, n'est soumise à aucune limite, à aucune contrainte », a lancé le premier ministre canadien d’entrée de jeu.
La table était mise pour le grand retour au respect du droit international, de l’ordre mondial et de la souveraineté territoriale. « Si vous n'êtes pas à la table, vous êtes au menu » a argué Mark Carney soulignant de facto que les nations qui ne participent pas activement aux décisions mondiales deviennent des pions ou des victimes des grandes puissances. Or « ...chaque jour nous rappelle que nous vivons à l'ère de la rivalité entre grandes puissances, que l'ordre établi fondé sur des règles s'estompe, que les forts peuvent faire ce qu'ils peuvent et que les faibles doivent subir ce qu'ils doivent », a poursuivi M. Carney du même souffle.
En revanche j’ajouterais un bémol à tout ce flux de bonnes intentions. Maintenant que Mark Carney a placé ses pièces sur l’échiquier, il doit mettre de l’avant son plan de match et, pour l’instant, à ce chapitre, les Canadiens demeurent encore sur leur appétit. En termes clairs, les bottines doivent suivre les babines s’il ne veut pas que son appel à la mobilisation contre les visées expansionnistes de Trump ne soit déplorablement perçu que comme un futile cri dans le désert.
Carney exclu du Conseil de paix
Visiblement, Donald Trump n’a pas apprécié l’allocution de Mark Carney prononcée au Forum économique mondial à Davos. À preuve le retrait de l’invitation du président au premier ministre canadien de faire partie de son « Conseil de paix ». « Veuillez considérer la présente lettre comme une notification du retrait par le Conseil de paix de son invitation à participer à ce qui sera le Conseil de dirigeants le plus prestigieux jamais réuni », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Or en réalité, le Conseil de paix du président américain est ni pus ni moins qu’une organisation accordant une large place aux partenaires historiques des États-Unis au Moyen-Orient, aux alliés idéologiques de Donald Trump et aux pays désireux d'attirer l'attention du président américain. En somme, l’exclusion de Mark Carney de ce Conseil de paix bidon à la tête duquel siège en roi et maître Donald Trump n’est qu’un coup d’épée dans l’eau.
Henri Marineau, Québec













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