Le déni de l’évidence

Parizeau relance le projet de souveraineté


Ceux qui trouvent que nous exagérons la taille et les conséquences de la dette publique du Québec ont reçu un appui de poids. Selon Jacques Parizeau, ceux qui s’inquiètent de l’endettement massif du Québec seraient des «déclinologues».
L’ancien premier ministre affirme même que la dette du Québec en pourcentage de la taille de l’économie est inférieure à celle des pays industrialisés membres de l’OCDE et à celle des États-Unis.
Sauf respect, M. Parizeau est dans les patates. Le Mouvement Desjardins estime qu’en 2007 le niveau d’endettement du Québec représente 103 % de son PIB, ce qui le place au même niveau que l’Italie (104 %), au deuxième rang des pays industrialisés, derrière le Japon. L’endettement des Québécois est plus élevé que celui des États-Unis (62,9%) et de la moyenne des pays membres de l’OCDE (73,5%). Il est substantiellement plus élevé que celui de l’Ontario (62,9%) et du Canada (64,2%).
Jacques Parizeau oublie tout simplement la part de la dette fédérale que doit assumer les Québécois. Pour pouvoir comparer la dette du Québec avec celle des autres pays ou juridictions, il faut tenir compte de toute la dette publique, pas seulement celle du gouvernement québécois. Si le Québec devenait indépendant, il devra nécessairement absorber une partie de la dette fédérale. La proportion ferait l’objet de négociations, mais le principe est incontournable.
Je salue par ailleurs les commentaires de Bernard Landry sur la chaîne Argent. Reconnaissant que les finances publiques du Québec se dirigent vers un mur, il affirme que les Québécois doivent considérer la hausse des tarifs d’électricité et même les péages sur les autoroutes.
D’autres font peu de cas de la dette en présumant que son poids relatif dans l’économie diminuera avec la croissance économique. Bref, le problème se règlera tout seul, évitons de s’énerver. À l’appui de leur thèse, ils affirment que c’est ce qui s’est passé au lendemain de la seconde guerre mondiale. Hélas, l’analogie tient mal la route. Les années 1950 et 1960 ont été marquées par un baby boom sans précédent et par une vive croissance de l’économie. Les années qui suivent seront celles du déclin de la population active et de prévisions économiques anémiques au Québec et au Canada.
Le tout accompagné d’une hausse inévitable des taux d’intérêts et d’une augmentation des sommes dévolues au service de la dette. Le ministère des Finances prédit d’ailleurs une hausse de plus de 3 milliards de dollars des paiements d’intérêts d’ici quatre ans.


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