Lors des référendums de 1980 et de 1995, les menaces perverses des libéraux fédéraux et provinciaux selon lesquelles notamment les Québécois perdraient leurs pensions de vieillesse ou leur passeport si le Oui l’emportait a eu l’heur de créer un sentiment de panique auprès d’un grand nombre de citoyens. Or en 2026, le contexte géopolitique a considérablement changé, les lubies de Donald Trump sur ses velléités expansionnistes d'annexer le Canada comme 51e État des États-Unis s'érigeant en menace bien concrète.
De ce fait, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), se retrouve confronté à deux scénarios contraignants eu égard à son projet de souveraineté du Québec, soit les effets économiques désastreux des mesures tarifaires du président américain d’une part, et la confiance de près de 50% des Québécois envers le premier ministre canadien Mark Carney pour y faire face d’autre part.
Le fardeau de la preuve sur la viabilité de l’indépendance du Québec dans un contexte aussi troublant, voire explosif, est entre les mains de PSPP. Toutefois il devra d’abord prendre le pouvoir lors des élections du 5 octobre avec un gouvernement majoritaire dans le meilleur des scénarios s’il désire éviter les écueils d’un gouvernement minoritaire notamment la chute de son gouvernement et le déclenchement d’élections précipitées.
De leur côté, les élus fédéralistes, à Ottawa comme à Québec, répètent ad nauseam que l’heure «n’est pas à la division au Canada, mais à l’unité», un argumentaire ayant pour effet entre autres de semer la peur chez l’électorat québécois, et qui rappelle les élans oratoires des Trudeau père et Chrétien en ‘80 et ‘95. Or cette fois-ci, la terrorisante peur, en sus de l’intérêt de protéger l’unité canadienne, a un nouveau joueur, l’imprévisible Trump.
Le pourcentage d’intentions de vote en faveur de la souveraineté oscille depuis quelques années entre 30% et 35%. De toute évidence, le chemin vers le statut de pays du Québec s’annonce long et ardu. Le 23 janvier, PSPP a présenté le quatrième chapitre du Livre bleu, soit celui traitant de la question de la citoyenneté dans un Québec indépendant dont les contours se dessinent peu à peu au fur et à mesure que les chapitres défilent sous nos yeux. Toutefois PSPP devra aller au-delà du programme et rencontrer les Québécois sur le terrain pour répondre de vive voix à leurs inquiétudes et leurs craintes. Une troisième défaite référendaire serait catastrophique et sans appel…
Henri Marineau, Québec













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