Le retour du balancier

Et au bout du compte, on dira que cette histoire n’existe qu’au Québec, que nous sommes une fois de plus intolérants, qu’il faudrait donc nous mettre au pas!

Vote voilé - turbulences dans l'ordre démocratique

Vous en avez marre d’entendre parler de Brian Mulroney? Soit!
Vous voulez que je m’intéresse aux travaux de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodements reliées aux différences culturelles? Soit! Mais ce que je vais vous dire aujourd’hui ne plaira pas à la plupart d’entre vous.
Je vous le dis - et vous en aurez entendu parler pour la première fois ici - le vent est en train de tourner. Avant le 17 septembre 2007, jour du vote dans trois circonscriptions du Québec, le Québec aura encore une fois l’air d’une province intolérante, oppressive pour les minorités, raciste même. Le Québec - et les politiciens du Québec - vont bientôt se retrouver comme les seuls dans tout le Canada, à exiger que les femmes votent à visage découvert.
On s’aperçoit en effet que trois autres provinces qui tiendront des élections cet automne - Ontario, Saskatchewan, Terre-Neuve - n’imposent aucune restriction. Ils n’exigent même pas de pièce d’identité avec photo, c’est vous dire comme nous sommes un peuple à part.
Je trouve assez drôle [cet article de la Presse canadienne traitant de la question->8827]. Lisez plutôt: «Les règles controversées qui permettent aux électrices canadiennes de voter vêtues d’une burqa ou le visage voilé sont encore plus permissives dans d’autres provinces, dont l’Ontario, où le droit de vote est accordé même à un électeur portant un masque de gardien de but ou un sac en papier sur la tête.» Très drôle en effet!
Mais ne riez pas trop…
Voilà que le [Globe and Mail s’y met en éditorial->8847]: «Pourquoi faire tout un plat avec cette question du voile?» Et le journal suggère que les politiciens, Stephen Harper en premier lieu, consultent les leaders de la communauté musulmane avant de pointer du doigt ces pauvres femmes voilées. [Vous allez voir que, bientôt, on donnera raison au Directeur général des élections à Ottawa.->8843]
Comme toujours, cela se passera en deux temps. On reprochera d’abord aux journalistes d’avoir inventé de toutes pièces cette crise. Lysiane Gagnon a commencé ce matin dans La Presse. «Il s’agit d’une pure invention des médias» dit-elle dans sa chronique , intitulée [«La fausse crise»->8841], qui est tout un programme.
Puis, dans un deuxième temps, on dira aux politiciens qu’ils sont dans l’erreur. Vous verrez les conservateurs, les libéraux et les néo-démocrates patiner tranquillement en arrière. Seul, le Bloc osera s’acharner. Et au bout du compte, on dira que cette histoire n’existe qu’au Québec, que nous sommes une fois de plus intolérants, qu’il faudrait donc nous mettre au pas!
Vous allez dire que je suis trop pessimiste? Que la solidarité de tous les partis à la Chambre des communes tiendra bon? Puissiez-vous avoir raison!


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