Une fâcheuse habitude

Le PQ et le Bloc font la cour à la gauche

Tribune libre

Depuis le 7 avril dernier, nombreux sont ceux qui se sont exprimés sur les résultats du scrutin, afin d’identifier les causes de la débâcle du Parti Québécois. À mon avis, aucun n’a encore sans touché aux nœuds des problèmes qui affectent le PQ, et par extension, le Bloc Québécois. Il va sans dire que plusieurs ont attribué une partie de cette défaite à la venue en scène politique de M, Pierre- Karl Péladeau. Je crois que s’arrêter à cette analyse simpliste nous empêche de voir les problèmes qui habitent le mouvement souverainiste en général.

Ces quinze dernières années, les stratèges du Parti Québécois et du Bloc Québécois, ont découragé toute nouvelle venue de militants se disant favorables à une vision plus nationaliste et identitaire du Québec. Par conséquent, ceux-ci non pas étés invités à participer au débat. Les partis ont plutôt choisi de mettre mis de l’avant une vision multiculturelle, quitte à laisser de côté cette force militante.

Mathieu Boc k-Coté nous l’a bien rappelé dans son blogue du 15 mai dernier, citant l’épisode de la déclaration de Mme Marois, qui, en 2012, disait que ces gens pouvaient aller voter pour un autre parti que le Parti Québécois.

Mme Marois s’est par la suite empressée de corriger le tir, mais je pense que le mal était fait. C’est ainsi que les souverainistes de droite, ne s’y sentant plus les bienvenus, ont cessé de militer au Parti Québécois et au Bloc Québécois.

Sans oublier, dans un toute autre ordre d’idée, que le Mouvement Souverainiste au Québec est en pénurie de chef depuis plus de dix ans. Ce n’est pas avec gaieté de cœur que je le dis, mais Gilles Duceppe, André Boisclair et Pauline Marois n’ont jamais eu l’étoffe de chefs d’état. Pour avoir la qualité d’un chef d’état, il faut avoir le courage d’entendre les critiques, l’ouverture pour les accepter et, si elles sont bénéfiques pour notre société, la volonté de les transposer en actions.

Il y a aussi dans cette analyse des scrutins 2012-2014, une constance indiscutable, c’est la force du Parti libéral du Québec. Les résultats des derniers scrutins nous indiquent qu’élection après élection, le Parti Libéral du Québec est assuré d’une base solide de 47 sièges à l’Assemblée nationale et ce, même si une majorité d’observateurs de la chose publique n’hésite pas à affirmer que le Parti Libéral, sous la gouverne de Jean Charest, a été l’un des pires gouvernements québécois du 20e siècle. Malgré son triste bilan, et bien qu’il ait perdu la circonscription de Sherbrooke, le fait est que le Parti Libéral a tout de même récolté 50 sièges en 2012.

Un des facteurs du déclin du Parti Québécois et de la force persistante du Parti Libéral réside dans le fait que certaines personnalités ont préféré se servir du parti, plutôt que le servir. Je pense ici à Pauline Marois et à André Boisclair qui pensaient davantage à avoir une peinture de leurs personnes à l’intérieur des murs du Parlement, plutôt que de laisser leur place à des gens qui avaient bien davantage qu’eux le potentiel de rallier les québécois autour d’objectifs communs .

Depuis la nuit des temps, chacun sait que n’importe quelle situation a horreur du vide, un état de fait que François Legault, la défunte ADQ et aujourd’hui la CAQ ont tôt compris et sur lequel ils ont su capitaliser. Plusieurs soit disant dirigeants et stratèges du PQ, pensaient que l’alternance gouvernementale du bipartisme installée au Québec allait les favoriser une fois de plus et que le pouvoir leur revenait de droit. C’était bien mal connaitre les Québécois.

Tous ces stratèges péquistes se croyaient bien savants quand ils ont déclenché la dernière élection, mais c’était sans se rendre compte que leurs vis-à-vis libéraux n’avaient pas dit leur dernier mot.

Premièrement, les stratèges du Parti libéral du Québec savaient déjà que la prise du pouvoir était à portée de main, avec les 50 députés en banque lors de l’élection de 2012.

Deuxièmement, la faiblesse du couple Marois- Blanchet faisait du PQ une cible de choix. Ce n’est pas le fruit du hasard si le Parti Libéral ait choisi ce moment précis pour réclamer la comparution du couple Marois- Blanchet en commission parlementaire, afin d’éclaircir la question du fameux « deal » (situation toujours obscure) que Claude Blanchet aurait soi-disant conclu avec des dirigeants de la FTQ.

Il ne fallait pas être devin, ou avoir un diplôme en sciences politiques, pour supposer que les stratèges libéraux allaient se servir de cette situation pour hanter le couple Marois-Blanchet. La première ministre, craignant que son mari et elle soient cuisinés en commission parlementaire par des bêtes politiques libérales, a donc décidé de déclencher des élections en sauvette. Ce faisant, elle plaçait dès lors le Parti Québécois devant un précipice, mais ce qui était important pour elle, que ce soit à l’élection de 2012 ou 2014, c’était qu’elle devienne et demeure première ministre du Québec.

Enfin, troisièmement, le Parti Québécois a cette fâcheuse habitude de vouloir toujours faire la cour à la gauche québécoise, tout en négligeant le reste de l’électorat, qui se situe majoritairement plus au centre et à droite, comme l’attestent les résultats du scrutin du 7 avril. Les Jean-François Lisée, Réjean Hébert et autres, viennent nous dire que le Parti Québécois est, et sera toujours un parti social- démocrate. Décidément, ou bien ces gens n’ont rien, mais vraiment rien compris, ou bien ils ont comme objectif commun d’empêcher l’accession de Pierre- Karl Péladeau à la chefferie du PQ.

Personnellement, je dis à M. Péladeau de ne pas se laisser influencer par ces manigances et plutôt aller de l’avant. C’est la seul e façon, à mon humble avis, de sortir le parti québécois de son carcan et de penser à court et moyen terme se reconnecter avec l’ensemble des québécois, plutôt qu’à une fraction de ces derniers.


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3 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    3 juin 2014

    Bonjour,
    Je ne comprends pas votre texte. C'est la gauche qui a quitté le PQ! Moi le premier. Le centre est a droite any way!! Alors la gauche est carrément au centre en 2014. Je me suis même fait traité d’extrémiste, parce qu'on veut des garderies plus accessibles!
    Je comprends pourquoi le PQ est si à droite, il vous écoute ; -))
    C'est l'idée maitresse du PQ depuis Bouchard, courtiser la droite, l'establishment et la ploutocratie. Question de s'assurer que notre cote ne dégringole pas. Et ne sommes nous pas une province ressource, c'est à dire le combustible de cette ploutocratie!
    Ils ont bien raison, la souveraineté se fait avec TOUS les citoyens (et les journalistes de R-C aussi!) Mais voilà, le PQ a cru les votes de la gauche acquis et a donc négligé sa gauche au point qu'on ne le reconnait plus. Et avec les résultats que l'on connaît. Et vous voudriez le voir plus à droite encore!
    Le PQ a aussi joué le jeu à fond, prospérité, richesses, et que dire de la collusion, c'est gauchiste la collusion? Il paye aujourd'hui.
    Quant à l'élection, le simple poids démographique explique en grand parti le résultat, qui j'ai bien peur risque d'être de pire en pire. Avec ou sans la gauche ou la droite, la peur est au centre!
    J'ai passé ma vie sans pays, on a sacrifier 2 voir 3 générations et vous voudriez que je vendent notre âme au diable? Pendant qu'on cherche à s'enrichir sans aucun scrupule!
    Ben voyons, les libéraux non pas eu besoin de voter PQ pour dire NON à un référendum. Moi aussi je n'ai pas besoin de voter PQ pour voter OUI a un référendum. Ça ne tient pas debout mon affirmation? Esffectivement, mais voilà le PQ ne fait pas plus de référendum que les libéraux. En fait c'est très simple, le PQ n'arrive pas à faire passer son option (ça ne se fait pas tout seul) alors il fait de la statégie! On a a déjà un parti comme ça!
    Le PQ a une seule chose à faire, nous redonner confiance à son partis! Après on verra!
    Merci.
    P.S. La souveraineté se fait en région, un pas à la fois, par de petits gestes d'autonomie locale! Elle ne se fera visiblement pas ouvertement et politiquement dans une joute où les dés sont pipés et les intérêt « supérieur » ne sont pas celles du peuple!

  • Pierre Cloutier Répondre

    22 mai 2014

    L'indépendance n'est pas à gauche ni à droite mais en avant comme se plaît à le répéter l'ex-premier ministre Bernard Landry.
    Le rôle de PKP s'il devient chef du PQ sera d'amener le peuple québécois à l'indépendance. Pas de s'incruster comme premier ministre de la province de Québec. C'est pourquoi les critiques le désignant comme un homme de droite me laisse complètement indifférent. Au contraire, je ne vois pas comment on peut faire l'indépendance sans la participation active des créateurs, des entrepreneurs et des gens d'affaires.
    Commençons par avoir le courage minimal de faire une proposition d'indépendance au peuple québécois lors de la prochaine élection et le reste suivra.

  • Pierre Cloutier Répondre

    21 mai 2014

    J'ai dénoncé le PQBoisclair et le PQMarois autant que j'ai pu ici même sur Vigile et je me suis fait traiter de tous les noms d'oiseaux. Pourtant, j'avais raison : le PQ n'est allé nulle part avec ces gens-là pas plus que le Bloc avec Duceppe. En mettant leur égo avant le parti et le parti avant la cause, ils ont presque tué notre rêve.
    Je leur en veux terriblement. Heureusement, il nous reste un espoir en PKP qui semble décidé à mettre le cap sur l'indépendance.....après sa réhabilitation.
    Je vais tout faire pour l'aider.
    Vive l'indépendance de la patrie et fuck le reste.
    Pierre Cloutier