La Caisse de dépôt a presque doublé la valeur de ses placements dans les paradis fiscaux depuis 2013

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«Ahurissant et inacceptable !»





La Caisse de dépôt et placement du Québec a presque doublé la valeur de ses placements dans les paradis fiscaux depuis 2013: ils atteignent désormais plus de 26,2 milliards $, a appris Le Journal.


Pour la première fois, la CDPQ a été forcée de dévoiler la liste de ses placements dans des compagnies enregistrées dans ces refuges fiscaux à la suite d’une question posée par le Parti québécois à l’étude des crédits du gouvernement, qui en a fait la compilation.


En 2016, le bas de laine des Québécois avait par exemple des intérêts de 14 milliards $ aux îles Caïmans, 3,3 milliards $ en Suisse et 2,5 milliards $ aux Bermudes. La valeur des placements de la CDPQ aux îles Vierges britanniques était de 200 millions $ en 2013. En 2016, elle monte à près d’un milliard $.


Alors que la Caisse investissait à grande vitesse dans ces pays à la fiscalité complaisante, des parlementaires québécois de tous les partis ont pourtant travaillé pendant deux ans pour rédiger un rapport critique sur les paradis fiscaux.


C’est ce rapport qui a dressé la liste «officielle» des paradis reconnus par l’Assemblée nationale.


«Ahurissant et inacceptable»


Pour le critique péquiste en matière de Finances, Nicolas Marceau, la situation est grave. «Alors que les scandales éclataient, comme l’affaire KPMG au Canada et que les élus ont travaillé pendant deux ans sur un rapport à ce sujet, il est ahurissant et inacceptable que la Caisse ait augmenté sa participation», a déploré M. Marceau.


L’ancien ministre des Finances indique qu’il ne savait pas lui-même l’importance des actifs de la Caisse dans les paradis fiscaux.


La question des investissements dirigés vers les nations à la fiscalité molle fait réagir tous les partis. Au moment du dépôt du rapport, le libéral Raymond Bernier, qui présidait la commission, disait que «ce n’est pas pour rien que d’aucuns le qualifient de cancer de l’économie mondiale».


Le PQ demande maintenant que la CDPQ se retire graduellement de ces marchés «très très douteux». «Je souhaite que la Caisse soit exemplaire, qu’elle montre le chemin et qu’elle cesse d’investir dans ces pays. Je veux que la caisse envoie le message elle est capable de tirer son épingle du jeu sans les paradis fiscaux», a-t-il affirmé.


«Juridiction fiscalement neutre»


De son côté, la CDPQ préfère le terme «juridiction fiscalement neutre» à paradis fiscal. Elle admet y faire affaire pour éviter de payer des impôts sur les revenus de placement encaissés à l’extérieur du Canada et des États-Unis et de quelques autres pays qui reconnaissent son statut de caisse de retraite, où elle en est déjà exemptée.


Des actifs dans les refuges fiscaux


2013 : 14,8 milliards $


2014 : 17,8 milliards $


2015 : 24 milliards $


2016 : 26,2 milliards $




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