Dans un contexte de pénurie de main d’oeuvre en enseignement, le taux de décrochage élevé des candidats à l’enseignement suscite des interrogations fort préoccupantes, la plus inquiétante étant le « pourquoi ». Une petite recherche sur le Web m’a permis de découvrir les principaux motifs agissant sur l’abandon des étudiants inscrits en Sciences de l’éducation en cours ou en fin de parcours.
Une des pistes d’explication serait la durée des études qui s’allonge chez les étudiants notamment en raison de la conciliation travail-études. À titre d’exemple, parmi la plus récente cohorte d’étudiants en enseignement,10% sont toujours inscrits à l’université six ans après le début de leur baccalauréat de quatre ans.
D’autres, telle Gabrielle, pourtant considérée comme une première de classe par un de ses anciens profs du secondaire, abandonnent en fin de parcours, après avoir complété leur quatrième et dernier stage. « J’avais déjà des questionnements et je n’ai pas eu le support dont j’avais besoin lors de ce dernier stage », raconte Gabrielle. L’imposante charge de travail, la correction et «le fait de penser à ça tout le temps» l’ont «un peu fait paniquer ».
Juliette a toujours voulu devenir enseignante. «Pour moi, c’était le meilleur métier du monde», lance-t-elle. Dès le début de ses études, elle est confrontée à des situations difficiles, notamment lors de son premier stage alors qu’un élève en crise lui lance un bureau. «Les conditions sont pas top, les enfants sont difficiles, on n’a pas vraiment d’aide dans les classes », plaide Juliette. Pour payer son loyer, Juliette a décidé d’abandonner ses études pour travailler. « Il y a des journées où j’adorais ça, mais à la fin, je rentrais à la maison et je pleurais, j’étais complètement drainée », raconte-t-elle.
La précarité financière lors des stages, qui ne sont pas rémunérés, est aussi un frein pour plusieurs aspirants profs pris dans le carcan de la conciliation travail-études. D’ailleurs, à cet effet, certains acteurs du réseau scolaire réclament, à raison, la rémunération des stages en enseignement, ce qui contribuerait à diminuer le nombre d’abandons parmi les candidats à l’enseignement.
L’enseignement est une profession exigeante qui s’apprend dans un climat de partenariat avec des profs d’expérience qui donnent gratuitement de leur temps pour guider les candidats qui aspirent à exercer « le meilleur métier du monde ». Aussi, est-il opportun de leur procurer l’appui nécessaire pour réaliser leurs aspirations des plus louables.
Henri Marineau, Québec
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