Des candidats conservateurs se sont livrés à une charge virulente contre le Bloc québécois, dimanche, remettant en cause sa raison d’être.
«Il y a un paquet d’éléments sur lesquels le Bloc ne peut absolument rien faire, malgré ce qu’ils disent. C’est clair. Je mets au défi Yves-François Blanchet de me prouver le contraire», a lancé le député sortant Alain Rayes, à Bécancour, en marge d’une annonce de son parti sur l’accès à internet haute vitesse en région.
L’ancien maire de Trois-Rivières et candidat conservateur Yves Lévesque a lui aussi remis en doute l’utilité du Bloc québécois. «Moi, j’ai 25 ans d’expérience en politique municipale, dont 14 de règne [d’un député] du Bloc québécois. Ils n’ont réglé absolument rien chez nous. Ce ne sont pas de mauvaises personnes. On n’attaque pas les gens. On attaque la raison d’être du Bloc québécois», a-t-il affirmé.
«Si vous voulez avoir une voix dans un gouvernement, il n’y a qu’une seule option: c’est le gouvernement conservateur», a renchéri Alain Rayes.
Gouvernement minoritaire
Appelé à réagir, le candidat bloquiste Rhéal Fortin a tourné en dérision la position du Parti conservateur. «Si on me demandait de faire la promotion de la plateforme des conservateurs, moi aussi, je parlerais du Bloc québécois. Ce n’est pas facile pour eux, j’en conviens. Ils ont quoi à offrir aux Québécois et Québécoises?», a ironisé M. Fortin sur le plateau de LCN, avant d’évoquer un éventuel projet d’oléoduc ou le débat sur l’avortement.
Interrogé sur le fait que le Bloc est condamné à demeurer un parti d’opposition, le député sortant de Rivière-du-Nord a contourné la question. «[Le Bloc] est condamné à faire bouger le Parlement dans le sens des intérêts du Québec», a-t-il répliqué.
Rhéal Fortin a par ailleurs repris l’argumentaire de son chef, Yves-François Blanchet, qui a fait part la semaine dernière après le débat des chefs à TVA/LCN de sa préférence pour un gouvernement minoritaire. Les bloquistes espèrent ainsi être en mesure d’influencer les décisions du parti au pouvoir.