UNE SOLUTION

Une nation dans la nation

Le Québec sous tension

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Tribune libre

Le 10 novembre 2021, Scott Moe, le premier ministre de la Saskatchewan exprimait le désire de faire une nation dans une nation.  François Legault aurait pu lui répondre que l’expérience du Québec conclut que ceci n’est pas souhaitable, ni désirable.  Une nation dans une nation c’est ce que le Québec vit depuis la Conquête avec des succès très, très mitigés.


« Une nation est une communauté humaine ayant conscience d'être unie par une identité historique, culturelle, linguistique ou religieuse. ... Pour certains sociologues le seul critère déterminant est subjectif : il faut que les membres d'une communauté soient convaincus qu'ils relèvent d'une même appartenance nationale. » https://www.toupie.org/Dictionnaire/Nation.htm


Il devient difficile, voir impossible qu’une nation puisse vivre à l’intérieur d’une autre nation. À côté de, oui, mais une dans l’autre, impossible. Et pourtant c’est ce qu’on demande, à tous les jours, aux Québécois de faire, depuis la Conquête.  Se battre pour son droit d’être, son droit de parler le français, le droit d’exprimer sa culture, bref de vivre malgré les objectifs canadiens différents.


« LOWER CANADA . . . I expected to find a contest between a government and a people: I found two nations warring in the bosom of a single state: » Extrait du Rapport Durham 1839


 Avec la création du Canada, nous avons vu notre peuple se faire minoriser avec l’arrivée en puissance d’immigrants des îles britanniques. Aujourd’hui, au Québec, nous voyons ce même peuple se faire minoriser devant l’affut de trop d’immigrants. Encore le même danger et sur les mêmes terres de nos ancêtres.


Il y a trop de tension dans l’air.


On ne peut pas demander à un peuple d’avoir un fonctionnement moindrement normal quand il y a deux courants de pensée sur le même territoire. Multiculturalisme canadien versus l’intégration, voir l’assimilation québécoise.


Il y a beaucoup de tension dans l’air.


Et ceci est vrai pour l’immigrant aussi. Quel courant doit-il suivre?  Le message doit être clair, sans ambiguïté, loin de la réalité d’aujourd’hui au Québec. Présentement, la nation du Québec perd aux mains de la nation du Canada.  Nous n’arrivons pas, avec un nombre trop élevé d’immigrants, à intégrer et assimiler les nouveaux arrivants. Ils deviennent pour la plupart, des Canadiens. Ça ne marche pas pour nous.


« L’intégration nationale est un processus dont l'aboutissement induit le sentiment commun d'appartenance et de construction solidaire de la nation par l'ensemble de ses populations. » https://www.revues.scienceafrique.org/adilaaku/texte/jiotsa2019/


Les Canadians n’ont pas le même objectif que les Québécois. On doit cesser immédiatement d’envoyer ce double message :


Vivre selon les coutumes du pays d’origine en ghetto comme autour de Montréal, à la canadienne, OU vivre, avec en vue, une intégration souhaitable et une assimilation éventuelle à la nation québécoise.


Un ou l’autre.


Il est impossible d’appliquer ces deux objectifs sur un même territoire québécois.


Il y a beaucoup trop de tension dans l’air.


En 2006, le premier ministre canadien Stephan Harper a fait voter une motion : « Que cette Chambre reconnaisse que les Québécoises et les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni »3.


Justement, utilisons cette reconnaissance pour pousser la limite de nos capacités. Ne restons pas à ne rien faire en espérant une modification constitutionnelle. Avec la constitution canadienne actuelle il suffit, ici au Québec, d’un brin de courage politique pour défendre notre objectif en immigration et faire une loi qui définit justement ça, le principe d’intégration et d’assimilation des immigrants sur le territoire québécois (comme le principe américain) NONOBSTANT la Constitution canadienne. Cette loi inclut une procédure objective pour établir le seuil par année d’immigrants et le pourcentage de francophones que nous acceptons chaque année. NONOBSTANT ce que le Canada pense et fasse. Il n’est pas d’accord? Ce n’est pas grave nous allons étirer les procédures de cours pour des décennies. Mais entretemps nous aurons le contrôle sur notre immigration…NONOBSTANT ce que le Canada pense et fasse. Si c’est ça le prix de notre survivance, allons-y.


En plus, au même moment, passer une loi qui OBLIGE, tout futur gouvernement à renouveler la clause dérogatoire aux 5 ans, automatiquement. Si, un gouvernement futur veut enlever cette loi, il doit absolument tenir des audiences publiques durant 2 ans avant d’avoir la capacité d’abroger cette loi.


Simon Jolin-Barette pourrait faire plus qu’un coup d’éclat en travaillant sur ceci plutôt que de tenter de faire inscrire la notion de nation québécoise dans la constitution canadienne que le Canada rejettera de toute façon.


En finalement nous rajoutons un concept pour renforcer la nationalité québécoise.


Voici comment pourrait fonctionner le concept pour sauvegarder la francophonie et la nation québécoise à l’intérieur du Canada.  


Dans un premier temps, tous les citoyens actuels reçoivent leur carte de citoyenneté québécoise. Cette carte donne droit : aux soins hospitaliers, au permis de conduire, au bien-être social, au droit d’aller à l’école, tous les programmes du gouvernement du Québec, ainsi que le droit de vote aux élections municipales et provinciales. Sans cette carte on ne dispense pas de ces services et droits.  Une loi 101 mais pour l’immigration.


Voici ce qui arrive pour les autres gens habitant au Québec. Actuellement, à tous les ans le Canada accepte, au nom du Québec plus de 50,000 nouveaux immigrants.  Nous ne pouvons pas soutenir de tels niveaux sans affronter la grande probabilité de la disparition de la nation québécoise. Alors sur ces 50,000+ nouveau citoyens canadiens, le Québec va émettre seulement 12,500 cartes pour de nouveaux citoyens québécois ; sa réelle capacité d’accueil. La balance des nouveaux immigrants aura le choix de vivre dans ces conditions, sans les services que procurent la nationalité québécoise ; ou déménager dans le restant du Canada. Il est tout à fait louable de décider au Québec, à qui nous accordons les services québécois, qui se trouvent sous la gouverne de l‘état du Québec.


La nationalité québécoise doit inclure plus que de la symbolique culture et l’éternel bataille du français. Ça doit aller au-delà de ces deux domaines.


Servons-nous de chaque brin d’outil disponible. Avec de telles actions, il devient clair pour tous, les devoirs et les obligations recherchés, envers les nouveaux immigrants pour vivre au Québéc. Pour les immigrants aussi, le message est clair. Si le but recherché de cette nation ne répond pas aux besoins de certains immigrants et bien il reste beaucoup de place ailleurs dans le Canada, l’autre nation.


 


Je ne dois pas mourir pour vous voir grandir.


 


 


 


 


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1 commentaire

  • Guy Huard Répondre

    10 décembre 2021


    Les actions que vous préconisez, elles ne seront posées que par un gouvernement farouchement nationaliste, un virage à 180 degrés pour le PQ. Jusqu'à maintenant, des mesures moins radicales, nommément de renforcer la Loi 101 ou la protéger par la clause nonobstant, comme vous le préconisez, ont été évitées par le PQ pour "préserver la paix sociale". Un coup parti, un tel gouvernement, à la condition d'un pourcentage conséquent du vote, devrait tout simplement déclarer l'indépendance, sans référendum, déclarant de fait son élection référendaire, vu la majorité sans équivoque de votes récoltée. Il y aurait bien sûr du tumulte, mais à peine plus que ce que vos mesures provoqueraient.