Le conflit tragique en Ukraine

Un défi existentiel pour l’humanité

Un monde multipolaire offrirait un meilleur choix d’alliances

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Chronique de Marc Labelle

Les responsables de la guerre ne sont pas ceux qui la déclenchent, mais ceux qui la rendent inévitable.


Le défi actuel que l’humanité doit relever se présente sous trois dimensions qui s’imbriquent l’une dans l’autre : géopolitique, étatique, identitaire.


La conjoncture actuelle


La Russie est résolue à mettre fin à l’utilisation de l’Ukraine par les États-Unis comme bélier pour l’enfoncer.  C’est pour la Russie une question existentielle devenue pressante après une trentaine d’années de patience et d’avertissements.  Sa détermination est donc la plus forte.


Il est à prévoir que la Russie va obtenir ce qu’elle veut, d’abord la fin du génocide au Donbass — plus de 13 000 civils russophones tués —, la reconnaissance de la Crimée comme territoire russe et la démilitarisation de l’Ukraine, qui ne pourra pas intégrer l’OTAN.


Néanmoins, même si ce scénario est le plus probable, la possibilité se trouve accrue qu’une escalade se produise et aboutisse au scénario effroyable d’une guerre chaude comme l’explique le politologue états-unien John Mearsheimer.  Ce scénario ultime doit être considéré.


À mon avis, une telle guerre avec des missiles balistiques ou hypersoniques réduirait alors à néant la distinction entre tellurocratie (puissance de la terre, comme la Russie) et thalassocratie (puissance de la mer, comme les États-Unis).  Par ailleurs, lorsque l’enjeu devient existentiel, le conflit est aussi entraîné au-delà de l’idéologie du pouvoir (de gauche ou de droite par exemple), il est franchement identitaire.  D’ailleurs, les antivaleurs de la repoussante société consumériste décadente empêcheront l’Occident de gagner.


Hélas, l’escalade pourrait être causée par un Occident en voie de transhumanisation — c’est-à-dire de déshumanisation —, convaincu de venir à bout de la Russie avec son capitalisme financier corrupteur, qu’il croit tout-puissant, ainsi que ses sanctions économiques.  Et surtout son ostracisme culturel, c’est-à-dire le phénomène de la suppression des œuvres qui le gangrène déjà lui-même.  Une Russie qui refuse l’absorption de sa nation et de sa civilisation dans ce magma nihiliste.  Assistons-nous au suicide de l’Occident, qui sombre dans le totalitarisme hystérique ?


Obnubilés par leur supériorité morale, les dirigeants occidentaux persistent à armer l’Ukraine, comme si elle était un membre de facto de l’OTAN.  L’Ukraine risque ainsi un dépeçage beaucoup plus étendu.  Mais le calcul illusoire des États-Unis consiste à croire que le prix du sang sera payé uniquement par les Slaves, ou les seuls Européens.


À cet égard, il faut se pencher sur la question des laboratoires biologiques en Ukraine, qui sont liés à l’armée états-unienne.  On estime que les États-Unis ont quelque 300 de ce type d’incubateurs de la Folie dans le monde, dont une trentaine en Ukraine.  Ainsi, un dixième de ces fabriques à virus se retrouvent dans un seul pays.  Ne serait-ce pas parce l’Ukraine est frontalière de la Russie ?  D’ailleurs, les échantillons de sérum sanguin de patients slaves atteints de la Covid-19 fournis à l’armée états-unienne permettraient la mise au point d’armes biologiques ethniquement orientées.


Une mentalité génocidaire qui remonte à la chute de la Nouvelle-France


Parce qu’ils convoitaient les terres fertiles du peuple acadien aménagées avec des aboiteaux (digues marines ou fluviales), les Anglais déportèrent à partir de 1755 plus de 10 000 Acadiens, qui furent nombreux à mourir avant l’arrivée à destination à cause des épidémies, du froid, de la malnutrition ou des naufrages.


L’armée anglaise dévasta ensuite la vallée du fleuve Saint-Laurent en brûlant 1 400 fermes et en ruinant la capitale de Québec à coups de canon.


Jeffery Amherst, le commandant en chef des troupes britanniques en Amérique du Nord, ordonna d’éliminer les derniers résistants amérindiens dirigés par le chef outaouais Pontiac en 1763, naguère alliés des Français, au moyen de la distribution de couvertures contaminées par la variole.  Finalement, les tribus amérindiennes du continent entier furent constamment attaquées et refoulées en direction ouest.  L’épisode de l’écrasement par le régime canadien des Métis dirigés par Louis Riel, pendu en 1885, fut une composante de ce mouvement général.


L’avenir de l’humanité ?


Le mouvement impérialiste états-unien vers l’ouest s’étendit à travers l’océan Pacifique.  Le Japon en marqua le point le plus spectaculaire, avec l’atomisation des villes d’Hiroshima et de Nagasaki à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945.  Les villes de la Corée du Nord subirent des tapis de bombes au napalm entre 1950 et 1952.  Finalement, ce mouvement fut arrêté au Vietnam en 1975.  (Le retrait récent de l’Afghanistan en 2021 n’en fut qu’une réplique de confirmation.)


Le mouvement de conquête états-unien s’est inversé par l’expansion incessante de l’OTAN vers l’est après la chute du communisme européen en 1989.  Le bombardement de la Serbie, alliée de la Russie, par l’OTAN en 1999 lors de la dislocation de la Yougoslavie s’inscrivit dans ce cadre.


Cette fois, c’est plutôt l’Occident anglicisé et dégénéré qui est susceptible de perdre la guerre extérieure contre la Russie — qu’elle soit aussi détruite ou non — et le reste du monde et, par ailleurs, la guerre intérieure contre la migration islamiste.  La Chine n’aurait alors qu’à recueillir les débris occidentaux — s’ils ne sont pas radioactifs — à son avantage. 


Mais encore, la Chine pourrait se retrouver dans le feu croisé nucléaire entre la Russie et les États-Unis qui occupent le Japon et la Corée du Sud.  On peut donc envisager la fin de l’humanité.


Il ne fallait pas au départ inventer le feu nucléaire, et encore moins l’attiser en refusant de reconnaître les intérêts fondamentaux des nations au nom de sottes idéologies.  Mais l’oligarchie globaliste narcissique en particulier n’en a cure, intoxiquée qu’elle est par le sentiment d’invulnérabilité que lui procure sa technophilie spéculaire.  Elle vit dans un monde parallèle, hors réalité.


J’estime que le devoir des patriotes des nations occidentales consiste à démolir le pouvoir chimérique de cette oligarchie afin de restaurer la souveraineté des pays et enrayer la chute générale de l’Occident.  Davantage, afin de conjurer l’embrasement du monde.


La meilleure assurance pour l’humanité est un monde multipolaire changeant, selon le mérite civilisationnel des nations.  La sagesse future : renoncer à l’illusoire domination planétaire définitive.


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Liste sommaire de références


John Mearsheimer, L’invasion de l’Ukraine, 2 mars 2022, vidéo sous-titrée en français (23 min).


Igor Lopatonok (réalisateur) et Oliver Stone (producteur), L’Ukraine en feu, 2016, film sous-titré en français (1 h 34).


Alexandre Douguine sur le choc planétaire en cours : du très très lourd !, Pro Fide Catholica, 2 mars 2022.


Julien G., « Les accusations s’amplifient sur les laboratoires biologiques ukrainiens, financés par les États-Unis », Le Courrier des Stratèges, 16 mars 2022.


 


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Marc Labelle51 articles

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Se voulant agent de transformation, Marc Labelle présente sur les valeurs et les enjeux fondamentaux du Québec des réflexions stratégiques, car une démarche critique efficace incite à l’action salutaire. Ses études supérieures en sciences des religions soutiennent son optique de penseur libre.





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