Avant que ne débute la course à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ) entre les deux candidats, l’ex-ministre de l’Environnement Bernard Drainville et l’ex-ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie Christine Fréchette, plusieurs analystes émettaient des doutes sur les positions que prendraient Christine Fréchette sur certains dossiers.
C’est le cas notamment du sort qu’elle entendait réserver à l’abolition du Programme d’expérience québécoise (PEQ). Après plusieurs jours de réflexion et de consultation avec les gens du milieu social et la population, la députée de Sanguinet, a créé une certaine surprise en décidant de relancer le PEQ en lui conférant une clause de droit acquis et cela à l’encontre du ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration Jean-François Roberge qui l’avait pourtant appuyée dans la course à la chefferie de la CAQ.
Dans un autre dossier chaud qui était devenu un projet phare de la CAQ depuis sa première élection en 2018, soit le troisième lien entre Québec et Lévis, contre toute attente et, encore une fois, contre la position de son gouvernement, Christine Fréchette se positionne sur un trajet à l’est et y ajoute la participation obligatoire du secteur privé en plus d’un droit péage.
Enfin en ce qui a trait au projet de Constitution québécoise présentée par le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, elle se prononce pour le retrait de la clause portant sur le droit à l’avortement, se ralliant de facto aux nombreuses contestations soulevées par les spécialistes et par une majorité de la population sur les dangers qu’une telle clause puisse engendrer un réveil sur les positions des pro-vie.
Dans ces trois dossiers aux répercussions majeures sur la population, Christine Fréchette a fait le choix de privilégier « la raison plutôt que l’émotivité », une flèche brillamment lancée à l’endroit de son opposant dès le début de la course. Somme toute, Christine Fréchette, selon une expression populaire a fait le choix de « mettre son siège dans le sens de l’histoire », une stratégie qui, il faut bien l’admettre, lui sied à merveille depuis le début de la course à la direction de la CAQ.
Jusqu’où iront les accommodements raisonnables?
Le Tribunal des droits de la personne a statué qu’offrir des coupes pour hommes ou pour femmes dans les salons de coiffure du Québec est discriminatoire pour les clients non binaires. Le Tribunal a condamné le salon Station10, à Longueuil, à verser 500 $ à une personne non binaire à qui l’on avait exigé de choisir entre une coupe « homme » ou « femme ».
Si nous poussons plus loin cette décision, faudra-t-il maintenant offrir des cours de coupes de cheveux « non-genrées » aux étudiants et étudiantes en coiffure? En réalité, la coupe de cheveux « non-genrée » existe-t-elle? En termes clairs, le Tribunal peut-il exiger d’une mercerie qu’elle détienne des vêtements non-genrés sans quoi elle risque d’être poursuivie? En bref, jusqu’où iront les accommodements raisonnables?
Beaucoup de questions, peu de réponses. Toutefois, le client lésé n’aurait-il pas pu laisser à la porte sa susceptibilité, s’asseoir sur la chaise du client et demander au coiffeur ou à la coiffeuse quelle coupe de cheveux il désirait? En agissant de la sorte, le salon de coiffure aurait fait preuve d’accommodement raisonnable sans soulever un tollé de commentaires transphobes et inutilement provocateurs sur les réseaux sociaux.
Henri Marineau, Québec











Laissez un commentaire Votre adresse courriel ne sera pas publiée.
Veuillez vous connecter afin de laisser un commentaire.
1 commentaire
Henri Marineau Répondre
20 février 2026Ajout à l'article 2
Le client québécois ne fait-il pas preuve d'"accomodements raisonnables" lorsqu'il doit être servi en anglais dans un restaurant au Québec?
Deux poids, deux mesures?