Course à la direction de la CAQ

Le « pragmatisme vert » de Bernard Drainville

Pensée

Tribune libre

«Lâchez-moi avec les GES!», s’était exclamé Bernard Drainville, en conférence de presse durant la campagne électorale de 2022, en répondant à une question à propos du troisième lien reliant Québec et Lévis. Or le même Bernard Drainville, le 22 janvier 2026, maintenant ministre de l’Environnement, annonce le report de cinq ans de la cible de réduction des gaz à effet de serre (GES), fixant l'objectif de -37,5 % à 2035 au lieu de 2030, une décision qualifiée par le ministre de « pragmatisme vert » visant à protéger l'économie. Et c’est toujours ce même Bernard Drainville qui annonce en grandes pompes le 24 janvier qu’il sera candidat à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ) et, par conséquent, au poste de premier ministre du Québec jusqu’au scrutin d’octobre 2026.

C’est bien connu des analystes politiques, l’économie et l’environnement ne font pas toujours bon ménage, et le candidat à la direction de la CAQ semble privilégier nettement le volet économique au volet environnemental. D’ailleurs, à cet effet, lors du dernier remaniement ministériel de François Legault, les rumeurs circulaient dans les officines du parti à l’effet que Drainville convoitait le ministère de l’Économie, lequel a finalement été octroyé à sa rivale à la direction de la CAQ, Christine Fréchette.

Dans l’hypothèse où Bernard Drainville remportait l’investiture à la chefferie de la CAQ, les défenseurs de l’environnement devront surveiller étroitement l’impact de ses décisions à caractère économique sur les conséquences désastreuses des changements climatiques, son « pragmatisme vert » risquant de bifurquer subrepticement sur la voie économique perçue davantage pragmatique par le commun des mortels que la lutte contre les effets insidieux des gaz à effet de serre sur la protection de notre planète.

Pensée

« Le Canada est la seule démocratie avancée dans laquelle on a imposé un nouvel ordre constitutionnel à un peuple malgré le refus quasi unanime de son Assemblée nationale [...] le Québec n’a pas consenti à être gouverné par les règles de 1982, il n’a pas à s’y soumettre ».  Michel Seymour


Henri Marineau, Québec



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