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L'indépendance du Québec, faut continuer d'en parler

C'est le principe de base de la mise en marché d'un produit, d'une idée

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Tribune libre

Le grand principe de base de la mise en marché d'un produit, d'une idée, c'est d'en parler, de le faire connaître, d'en vanter les attraits, les mérites, la pertinence, la valeur, et surtout, c'est de répéter le message. Toutes les campagnes publicitaires utilisent cette technique éprouvée.



Et c'est ce que les opposants fédéralistes hostiles à l'idée de l'indépendance du Québec ont très bien compris. C'est pourquoi ils répètent sans cesse: "cessez donc de parler de l'indépendance, les gens n'en veulent plus". Ils veulent faire mourir l'idée à petit feu, qu'elle s'éteigne, qu'on enterre pour de bon notre grand projet de société libre. Au fond, ils savent pertinemment que si on se met à en parler plus, à souffler sur les braises, l'idée fera son chemin dans les esprits, se ravivera.


On voudrait nous faire taire pour de bon. Il ne faut pas commettre l'erreur impardonnable de céder à cette injonction au silence.



Les publicistes savent que plus on parle de quelque chose comme étant "in", branché, plus on suscite la curiosité, le "buzz", l'intérêt, l'enthousiasme, qu'on déclenche la réaction virale tant recherchée. C'est comme ça qu'on crée l'envie d'en savoir plus long, c'est comme ça que les gens embarquent, qu'on lance la mode, qu'on devient tendance.



C'est ainsi qu'on procède lors du lancement de tout nouveau film à grand déploiement hollywoodien. Pour les publicistes, c'est la première fin de semaine que tout se joue. On dépense parfois autant en publicité que le budget total du film! Tous les médias sont utilisés pour en parler, les acteurs sont partout pour en faire la promotion, les critiques dithyrambiques d'origine douteuse fusent de partout et tout le tralala. C'est cette surenchère qui fait accourir les foules. Les gens se disent: "ça semble tellement bon, tout le monde en parle, il faut absolument que je vois ça".



Photo: Denis Villeneuve réalisant la superproduction Dune


Si ça marche pour Hollywood, ça marchera tout aussi bien pour mousser, vendre l'idée de l'indépendance, en la rendant irrésistible. Plus on en parlera avec enthousiasme, plus on en vantera les mérites et avantages, plus les gens s'en parleront entre eux, plus ils se laisseront gagner par le vent de changement.



C'est comme si cela devenait le seul choix possible. Et c'est précisément le but visé lors d'une campagne cherchant à promouvoir l'indépendance. Que cela soit vu comme le seul choix possible, le seul choix sensé, le choix voulu par la majorité, celui qui soulève l'élan collectif que plus rien ne peut arrêter.



Il faut vendre l'idée comme on vend La guerre des étoiles XXII, le Febreze et les pizzas congelées du Dr Oetker. En l'étalant partout.



Il faut vendre l'idée comme la voix de Dan Bigras fait vendre les Dodge Ram. Avec conviction.



Prenez le succès de l'achat local. Tout le monde en parle en bien, c'est l'idée de l'heure. C'est à force d'en parler qu'on obtient des résultats inespérés.



Faisons en sorte qu'on se dise plus que jamais: l'indépendance, c'est tendance.



Ce qui compte, c'est de sentir que l'idée est dans l'air. Il faut qu'on l'oxygène, qu'on en entretienne la flamme.



Il revient aux partisans convaincus d'avoir tous leurs arguments prêts et sous la main pour être bien outillés lorsque vient le temps de défendre l'idée maîtresse.



Pour ce faire, les partis et organisations indépendantistes pourraient rédiger et distribuer des brochures contenant la liste des arguments pour l'indépendance que tout un chacun pourrait avancer dans les discussions, pour débattre et convaincre. Avec la mention "Lisez et débattez".



Les assemblées de cuisine ont toujours donné de bons résultats pour rejoindre et informer le bon monde ordinaire. On pourrait également organiser des réunions dans les milieux de travail, dans les sous-sols d'église, les salles paroissiales, dans les milieux syndicalistes, dans les CÉGEP et campus universitaires, partout où se réunissent des groupes de citoyens.



Photo: le Québécois Yves Laforest, le premier Québécois à gravir l'Éverest. Rien n'est trop haut, rien n'est inacessible au peuple québécois.


Nos artistes nationalistes en vue devraient prendre leur courage à deux mains et oser en parler chaque fois qu'ils passent à un talk-show.



Qu'on fasse appel à des influenceurs en ligne pour relayer le message auprès des jeunes.



Les députés indépendantistes devraient demander sur une base régulière des entrevues en ondes dans le but exprès d'en parler. Essuieront-ils systématiquement des refus qui sont une forme de censure déguisée?



Les organisations devraient offrir des visio-conférences chaque semaine sur le sujet, des "réunions Zoom" où tous les participants se voient et échangent.



Qu'on nous tienne également au courant des progrès qui se font à l'échelle internationale dans le domaine, pour rappeler que c'est une tendance naturelle, légitime et universelle. De nouveaux pays continuent de s'ajouter à la liste chaque année: 41 nouveaux pays en 41 ans depuis notre premier référendum de 1980. En aviez-vous même entendu parler?



Les opposants à la noble cause de notre émancipation nationale, ceux qui voudraient tant qu'on n'en parle plus en prétextant que les gens ne veulent plus en entendre parler, sont précisément ceux qui savent que si on se met à en parler, l'intérêt, la curiosité, l'enthousiasme, la motivation, seront tôt ou tard ravivés. Ils redoutent plus que tout le regain de ferveur indépendantiste, l'effet boule de neige, qui s'ensuivra.



Il faut continuer sans relâche de tenter de persuader les hésitants que la souveraineté du Québec lui permettra de progresser dans tous les domaines, ce dont reste déjà convaincue un bonne partie de la population par ailleurs. Les gens le sentent bien en leur for intérieur. Un sentiment nationaliste authentique nous anime toujours.



Chaque fois que le gouvernement québécois essuie une rebuffade de la part d'Ottawa -et elles s'additionnent, qu'on s'exclame haut et fort sur toutes les tribunes que cela ne se produira plus dans un Québec indépendant.



Et la récompense de notre geste de confiance en l'avenir de la nation sera de posséder enfin un pays reflétant les bonnes gens qui par bonheur y sont nées et qui ne voudraient pour rien au monde devoir vivre ailleurs qu'en sol natal.



Indépendantistes de la première heure jusqu'à la dernière, à vous la parole, la bonne parole.


Pour plus d'info, on présente sur le site suivant 23 stratégies publicitaires couramment utilisées.


(Image d'en-tête: photo gracieuseté de l'auteur)


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Réjean Labrie619 articles

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Réjean Labrie est originaire de Québec. Il a fait une partie de sa carrière dans la fonction publique provinciale.

Il tire la plus grande fierté d’être un enraciné de la 11ème génération en sol natal. Son élan nationaliste se porte sur la valorisation de la culture québécoise et sur la préservation de l'identité culturelle québécoise et de sa démographie historique.

Il se considère comme un simple citoyen libre-penseur sans ligne de parti à suivre ni carcan idéologique dont il se méfie comme des beaux parleurs de la bien-pensance officielle.

L'auteur se donne pour mission de pourfendre les tenants de la pensée unique, du politiquement correct, de la bien-pensance, toutes ces petites cliques élitistes qui méprisent le peuple.

L'icône d'identification montre les fortifications de Québec qui symbolisent notre caractère irréductible et notre résilience face à l'adversité.

Ses 600 articles publiés en ligne ont été lus plus d'un million de fois par tous ceux qui ont voulu partager une réflexion s'étendant sur une période de plus de 12 ans. À preuve que l'intérêt pour une identité nationale québécoise affirmée ne se dément pas, quoi qu'on en dise.





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