Vaccination obligatoire : le juge pas influencé par le militantisme

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Résistance au totalitarisme covidien


Le juge qui devra trancher sur la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé ne se laissera pas influencer par le militantisme, a-t-il prévenu à l’audience visant à faire annuler le décret gouvernemental.


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« Il s’agit d’une question de droit, on ne peut pas fonctionner avec des opinions lancées à droite et à gauche », a affirmé le juge Michel Yergeau, ce jeudi au palais de justice de Montréal.


Le magistrat, qui siège depuis près de 10 ans en cour supérieure, sera appelé à trancher sur la délicate question de la vaccination obligatoire du personnel de la santé ordonnée par le gouvernement du Québec. Le décret, qui ferait en sorte que 27 000 travailleurs seraient suspendus sans solde, devait être appliqué dès demain, mais il a été reporté d’un mois.


« C’était la seule décision que [le ministre de la Santé Christian Dubé] pouvait prendre », a affirmé Me Natalia Manole, qui représente une quarantaine de travailleurs qui refusent de se faire injecter le vaccin, quitte à perdre leur gagne-pain.



M<sup>e</sup> Natalia Manole était au palais de justice de Montréal jeudi pour représenter les travailleurs de la santé non vaccinés qui ne veulent pas être suspendus.

Photo Chantal Poirier

Me Natalia Manole était au palais de justice de Montréal jeudi pour représenter les travailleurs de la santé non vaccinés qui ne veulent pas être suspendus.




Il y a parmi eux des médecins, des pharmaciens, des infirmières, des techniciens et des paramédics, entre autres.


« Des dizaines de milliers de personnes se retrouveront sans médecin de famille puisqu’ils seront suspendus, affirme-t-elle. Il y aura des remises ou des annulations avec des médecins spécialistes, différents départements fermeront, il y aura réduction des heures de fonctionnement des pharmacies. Les personnes souffrant de maladies mentales bénéficieront de soins réduits. »


Sur le fond


Ce court sursis permettra ainsi à la justice de prendre plus de temps pour se pencher sur la vaccination obligatoire, mais pour Me Manole, il va de soi qu’il doit être invalidé.


« Non seulement la vaccination obligatoire porte atteinte à l’inviolabilité de la personne, mais l’atteinte est d’autant plus importante puisqu’elle vise des dizaines de milliers de personnes », affirme-t-elle dans le document de cour.


Elle ajoute que ses clients ne sont pas « contre le vaccin », mais qu’ils ont « leurs propres raisons » de refuser la vaccination, par exemple après avoir été témoin de réactions à l’injection.


« La grande majorité des gens sont vaccinés, pourquoi avoir peur des travailleurs non vaccinés », s’est questionnée Me Manole.


Experte


Elle a ajouté que des personnes vaccinées peuvent transmettre le virus, reprenant ainsi le discours sans nuance que l’on retrouve sur les réseaux sociaux et repris largement par des anti-vaccins.


Le procureur général du Québec, de son côté, compte faire entendre comme experte la Dre Marie-France Raynault, une sommité en santé publique. Professeure émérite à l’École de santé publique de l’Université de Montréal et chef du département de santé publique et médecine préventive du CHUM, elle dirige également le Centre de recherche Léa-Roback sur les inégalités sociales de santé de Montréal.


L’audience se tiendra le 27 octobre prochain puisqu’en raison du sursis ordonné par le gouvernement, la cour n’a pas eu à trancher d’urgence.


« Mon intention est de rendre jugement d’ici le 15 novembre », a prévenu le juge Yergeau.

 




 


 



 


 






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