INSÉCURITÉ

Une escouade contre les armes à feu dès la fin du mois

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Le problème ce ne sont pas les armes, mais la population de Montréal-Nord


Une escouade contre les armes à feu (ELTA) sera en vigueur d’ici la fin du mois de février à Montréal, en plus d’une présence policière accrue dans les secteurs les plus touchés par la récente flambée d’évènements violents. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le directeur du SPVM, Sylvain Caron, ont réitéré jeudi l’importance d’un partenariat entre le milieu communautaire et les effectifs policiers.


C'est à compter du 22 février que la police de Montréal déploiera son équipe consacrée à la lutte contre le trafic d’armes (ELTA). L’équipe QUIÉTUDE demeurera toutefois en fonction. L’initiative avait été mise en place en octobre après qu’une série d’évènements violents impliquant des armes à feu soit survenue sur le territoire montréalais.


« Les évènements très dramatiques des derniers jours nous ont tous secoués. Personne n’y est demeuré indifférent, moi le premier comme père de famille. Ce qui s’est passé, ça ne devrait jamais arriver », a lancé le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, en offrant ses condoléances à la famille de la jeune Meriem Boundaoui, adolescente de 15 ans tombée sous les balles dimanche dernier.




Dans l’arrondissement où on se trouve présentement [Rivière-des-Prairies], il fait bon vivre. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de personnes marginalisées. En temps de pandémie, ça peut s’exacerber.



Valérie Plante, mairesse de Montréal



Le contrôle des armes à feu ne règlera pas tout, mais demeure nécessaire, a poursuivi Mme Plante. Elle a précisé qu’une rencontre est prévue avec Bill Blair, ministre fédéral de la Sécurité publique, pour « discuter de l’aide à court terme, pour savoir d’où viennent les armes. » « Nous faisons face en ce moment à un phénomène de banalisation des armes à feu », a répété Sylvain Caron, qui parle également de « criminalité émergente ». Il a insisté sur l’importance d’avoir du financement pour mettre en place les effectifs nécessaires pour contrer ces crimes violents.





 




« Plus que jamais, il est important pour le SPVM de travailler en partenariat avec les travailleurs de rue et les organismes communautaires locaux », a expliqué le directeur du corps policier montréalais. Il s’agit non seulement d’une problématique de criminalité, mais également d’un enjeu social, selon lui. La mairesse Plante, elle, s'est dit inquiète de la difficulté pour ces organismes à recruter du personnel. « J’ai interpellé Québec, des discussions sont en cours avec la ministre Chantal Rouleau. Mon message, c'est: aidons les organismes communautaires qui sont sur le terrain. »


Québec veut « décloisonner » certains quartiers


Jointe par La Presse, la ministre responsable de Montréal et ancienne mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, a salué le « début imminent » de l'équipe permanente du SPVM consacrée à la lutte contre le trafic d'armes.




La priorité numéro un doit être de mettre un terme aux problèmes de violence actuels et éviter que les Montréalais revivent de telles situations dans le futur.



Chantal Rouleau, ministre responsable de Montréal



Celle-ci dit travailler sur des actions politiques afin de transformer « en profondeur la réalité de certains quartiers » de la métropole. Elle souhaite notamment « décloisonner » plusieurs secteurs « qui en ont bien besoin », en dynamisant ceux-ci. « J’entends poursuivre le travail avec la mairesse de Montréal et les élus locaux, amorcé depuis plusieurs mois, afin d’obtenir des résultats concrets sur le terrain », a ajouté l'élue.


De son côté, le chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal, Lionel Perez, s'est montré plus critique à l'égard de l'administration. « Au lieu de demander sans cesse de l’aide financière pour la sécurité aux paliers supérieurs, la Ville doit investir dès maintenant pour augmenter les effectifs policiers et le financement communautaire dans les quartiers chauds », a-t-il martelé. Pour lui, la Ville dispose déjà d'une marge de manoeuvre. « Avec un budget de 6,1 milliards, ça n’a aucun sens que la mairesse refuse d’investir 16 millions pour la sécurité de ses citoyens. »


Jeudi avant-midi, en conférence de presse à l’Assemblée nationale, le premier ministre François Legault a quant à lui réitéré que son gouvernement est préoccupé par ces événements violents à Montréal. « Ça m'inquiète. Ce n’est pas la ville que nous aimons, ce n’est pas la ville dont nous étions fiers », a-t-il dit.


M. Legault a aussi indiqué que des discussions sont en cours avec la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, pour trouver des moyens de « lutter contre cette violence ». « Évidemment, c’est une juridiction partagée avec le gouvernement fédéral », a toutefois précisé le premier ministre, en offrant lui aussi ses condoléances à la famille et aux proches de Meriem Boundaoui.


Le cabinet de la ministre Guilbault a réitéré que 65 millions ont été investis pour combattre la violence armée, « dont 5 millions vont au SPVM et son équipe de lutte contre le trafic des armes à feu ». Plus tôt cette semaine, l’élue avait soutenu que le gouvernement « demeure conscient de la hausse d’évènements violents à Montréal ». « Nous sommes en contact avec divers intervenants du milieu », a-t-elle dit.