Pour mettre fin à une controverse inutile

Le Canadien est une oeuvre de la Nouvelle-France. Le Québécois est un produit de la Conquête

Notre État français c'est celui du Conseil souverain (1663), de Lionel Groulx, de Maurice Séguin et de Daniel Johnson (père)

Raison du refus:
Dans vos textes, on retrouve toujours ces éléments de la même rengaine : • un anachronisme et un révisionnisme de projection puisqu’ils sont en fait les vôtres ; • des amalgames échevelés ; • des informations historiques tronquées ; • l’irréalisme constitutionnel fondé sur la prétention stérile de reprendre le Canada malgré sa configuration actuelle, ce qui implique votre rejet de l’indépendance du Québec ; • le mépris du nom Québec sciemment adopté par notre nation dans les années 1960 ; • l’hostilité contre la québécitude, c’est-à-dire notre identité ; • la certitude grandiloquente d’avoir raison malgré tout contre le peuple québécois.

Calixa Lavallée et Adolphe-Basile Routhier étaient des Canadiens. C’est pourquoi ils ont composé l’Ô Canada. Il ne fait pas de doute que Routhier pensait à la terre de ses aïeux quand il écrivait son poème, en 1880, devenu l’hymne national de plusieurs générations, car il y fait l’éloge de notre glorieuse épopée. La ré-écriture de l’histoire, pour la mettre au service de nouveaux impératifs, ce qu’on appelle parfois le révisionnisme historique devait bientôt sévir. Le procédé relève d’un anachronisme oublieux. 



Quand je dis « Je me souviens », je n’oublie ni ne concède à l’Usurpateur le pouvoir de m’imposer une identité de rechange, une identité de théâtre. Peut-on chérir une nouvelle identité imposée par le conquérant ? Le premier réflexe de résistance pour qui veut se libérer est de rester fidèle à ses racines. Il sait qu’une libération nationale est par essence une « distinction conservatrice », pour ne pas dire une révolution conservatrice qui s’élève contre un « nation building » qui rythme la ré-écriture des faits depuis Londres, puis Ottawa.



Une vieille lubie des Anglais, la Conquête du Canada, prétextée par la guerre de Sept Ans, n’avait guère de légitimité en droit. Cette piraterie n’avait-elle pas été secrètement entreprise en Amérique bien avant le déclenchement des hostilités en Europe ? L’agression militaire injustifiée, mais réussie, donna naissance à The Province of Quebec, un « surnom » imposé par l’Angleterre en 1763. Or, de toute évidence, cet acte du Parlement de Londres ne correspondait pas à notre identité historique, celle qui plonge nos racines dans 150 d’immersion continentale. George III n’était ni qualifié ni n’avait la légitimité pour statuer sur notre identité. 



Or, l’État conquérant ne pouvait définir la nation conquise que par l’extension des termes de sa violence. Mais, la nation étant matière de conscience partagée, elle échappait en conscience aux vainqueurs des plaines d’Abraham. Elle sera néanmoins redéfinie à la satisfaction des nouveaux maîtres du territoire et de l’État. Tout le conflit national est là. Il tient sa persistance dans une conquête violente non résolue; désormais occultée de part et d’autre. Pour exemple, ceux qui franchissent la non-barrière de Roxam seront nos compatriotes dans deux ans et demi. D’ailleurs, la loi 99, merci Bouchard-Facal, ne se fend-elle pas pour saluer l’apport des immigrants, entre autres gages de soumission au multiculturalisme ? Ceux qui franchissent la frontière à Roxam sont les nouveaux Québécois. Et si nous avons besoin de leur apport pour enrichir notre culture (loi 99), c’est que la nôtre est en pleine déshérence.



Nous, Canadiens-Français, sommes les fondateurs du Canada. Les premiers Canadiens. C’est sur cette affirmation que nos revendications nationales seront toujours les plus légitimes, les plus claires et les plus désaliénantes. Notre identité a été usurpée ! Ça, c’est un vrai cas d’« appropriation culturelle », pour reprendre avec plus de sérieux une sottise à la mode. C’est l’identité canadienne qu’il nous faut disputer inlassablement au Canada 2.0, en tant qu’autochtones de souche française, et au titre d’ayant droit constitutionnel. Nous sommes en présence de deux récits : la vérité historique contre la falsification du deuxième Canada, anglais : notre assimilateur de langue et de conscience. 



En réponse, le repli québécois, claironné avec une « québécitude » de connivence, quoique fort prétentieuse, a été totalement inadéquat. Au final, la québécitude n’aura été rien d’autre qu’une abdication habilement reformulée. Une mise en scène d’arabesques pour se soustraire au devoir de contestation du deuxième Canada, dont le talon d’Achille était justement l’usurpation qu’il faisait du nom du premier, authentique et fondateur. Nous en sommes les héritiers.  



Le Canadien est une œuvre de la Nouvelle-France. Le Québécois est un produit de la conquête. Si on a pu en douter un temps, il n’y a plus de doute possible. 


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Gilles Verrier139 articles

  • 221 199

Entrepreneur à la retraite, intellectuel à force de curiosité et autodidacte. Je tiens de mon père un intérêt précoce pour les affaires publiques. Partenaire de Vigile avec Bernard Frappier pour initier à contre-courant la relance d'un souverainisme ambitieux, peu après le référendum de 1995. On peut communiquer avec moi et commenter mon blogue : http://gilles-verrier.blogspot.ca





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