Déclaration d’Indépendance du 4 juillet 1776

Des treize colonies de la Nouvelle-Angleterre

La fête nationale des Etats-Unis d’Amérique

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Chronique de Marie-Hélène Morot-Sir

En juin 1776, en conflit avec Londres qui avait instauré de nouvelles taxes sur ses colonies de Nouvelle Angleterre *, les délégués de ces treize colonies anglaises se réunissent en congrès à Philadelphie*.

Ils décident de rédiger une Déclaration d’Indépendance pour se séparer de l’Angleterre.

Un comité de cinq représentants est mandaté pour cela, comprenant Benjamin Franklin, Robert Livingston, Roger Sherman, le délégué du Massachusetts John Adams, et enfin le président du comité, Thomas Jefferson qui rédigera le texte.

Cette déclaration s’inspire de nombreux textes républicains publiés en Europe au cours des siècles précédents. Le 4 juillet 1776, à nouveau réunis à Philadelphie, le texte est lu et approuvé par les représentants des Treize Colonies anglaises d’Amérique du Nord à « l’indépendence Hall » où ils proclament officiellement leur indépendance dans l’enthousiasme.

Pourtant cette Déclaration est unilatérale elle n’est absolument pas reconnue par Londres. Immédiatement l’Angleterre va réagir en envoyant ses troupes régulières armées, ces dernières arrivées directement de la métropole anglaise vont s’appuyer sur les colons anglos saxons qui sont pour les 2/3 opposés à cette Indépendance. Restés loyaux à Londres ils seront appelés « Loyalistes » ce qui se traduira par une guerre civile entre les nombreux colons loyalistes et les colons insurgés (Insurgents), très minoritaires.

Le texte de la Déclaration d’indépendance américaine détaille trois points importants :

- Les droits fondamentaux auxquels à droit tout être humain : « Tous les hommes sont créés égaux , ils ont certains droits inaliénables, la vie, la liberté et l’égalité ainsi que le droit au bonheur. »

- Une liste des griefs reprochés au gouvernement anglais et à son roi George III qui est, aux yeux des Insurgés un despote absolu.

- et en fin la conclusion inexorable amenant sans retour possible la scission totale avec l’Angleterre.

Cette déclaration ouvre la première brèche pour la fondation d’un nouveau pays qui ne devra plus jamais être annexé à Londres.

Les Insurgés sont des miliciens pour la plus grande partie mal armés, mal chaussés et peu aguerris au maniement des armes, placés sous le commandement de George Washington, ils s’affronteront .
Durant cette difficile période où ils doivent s’organiser pour résister contre les troupes anglaises qui les combattent mais aussi contre les Loyalistes contestant cette indépendance, Benjamin Franklin se rendra à Versailles pour rencontrer le roi de France, afin de lui exposer la situation outre atlantique et lui demander le soutien de la France.

L’insurrection et la déclaration d’indépendance avaient eu un très grand retentissement dans la noblesse libérale d’Europe. Gilbert du Motier marquis de La Fayette se trouvait à la cour de Versailles lors de la visite de Franklin, il a été enthousiasmé par le courage des Insurgés et Benjamin Franklin est devenu son ami. N’étant pas encore majeur et ne pouvant pas disposer de sa fortune, il décide alors malgré l’avis de sa famille et du roi Louis XVI, de rejoindre l’armée continentale des insurgés, mais pour cela il doit gagner l’Espagne pour pouvoir partir car des lettres de cachet sont envoyées à ses trousses pour l’arrêter dans son projet.
Il déjoue les obstacles et avec l’aide et le financement du comte de Brooglie, il arme une frégate de l’autre côté des Pyrénées qu’il renommera dans l’enthousiasme de la jeunesse, la Victoire !

L’écrivain Beaumarchais organise des envois d’armes à destination des Insurgés avec l’approbation du ministre des Affaires étrangères, Vergennes, assez désireux de favoriser tout ce qui pourrait affaiblir l’ennemi de la France, l’Angleterre.

Finalement en 1780 le roi Louis XVI va à envoyer de l’aide avec l’escadre de l’amiral de Ternay amenant un corps de 6.000 soldats à New port, dans la région de Rhode Island où ils arriveront en juillet sous le commandement du comte de Rochambeau. Suivra la frégate Hermione que le roi confiera à La Fayette. Ce dernier, ayant atteint sa majorité, était revenu tout exprès en France pour réclamer son héritage. L’Hermione partira avec une aide également conséquente de vivres, de munitions, d’uniformes et de chaussures pour l’armée continentale de G. Washington qui manquait de tout, pour laquelle La Fayette avait constaté la plus grande indigence.

L’armée française du comte de Rochambeau, l’armée de Washington convergeront vers Yorktown où l’armée de Virginie commandée par La Fayette encerclait déjà la ville de Yorktown dans laquelle s’était réfugiée et enfermée l’armée anglaise du général Cornwallis, mais ce dernier attendait incessamment des secours qui n’allaient pas manquer de lui être apportés, par la flotte anglaise de l’amiral de Graves.

L’élément le plus déterminant, où tout va se jouer, va alors être l’arrivée de la flotte française commandée par l’amiral De Grasse. Répondant à l’appel pressant des Insurgés, il remontera rapidement depuis les Antilles, prenant tous les risques y compris celui de mettre en gage ses propres propriétés de Saint Domingue afin d’apporter en plus de l’aide de la flotte française elle-même, l’argent nécessaire à l’armée de Washington.

La bataille de la Chesapeake consacra tout à la fois la victoire de la flotte française et la défaite de la flotte anglaise, ce qui résonna « comme un coup de canon à Londres », mais surtout sonna la défaite des Anglais et la capitulation de Cornwallis à Yorktown cerné de toutes parts, permettant enfin à l’indépendance des Insurgés d’’être entérinée et de créer leur nouveau pays, celui des états unis d’Amérique. !
Il faudra néanmoins attendre le traité de Versailles en 1783 pour que ce soit officiellement ratifié et seulement 1787 pour que le Congrès américain adopte sa Constitution définissant les institutions de la République.

.*l’Angleterre avait enfin cette Nouvelle France qu’elle désirait depuis si longtemps, mais pour atteindre ce but elle avait dû engager d’énormes frais en constituant une flotte importante. Par la suite, devant l’ampleur des caisses vides, Londres se vit dans l’obligation de voter des taxes importantes, ce qui mécontenta les colons de Nouvelle Angleterre car ils allaient devoir payer mais sans être représentés au parlement de Londres « No représentation, no taxation ! » La révolte gronda et les conséquences furent terribles pour l’Angleterre, certes elle avait bien maintenant la Nouvelle France, mais cela entraîna la perte définitive de toutes ses treize colonies !

* Philadelphie avait été fondée en 1682 par William Penn il avait donné le nom d’une ville d’Anatolie signifiant « ville de l’amour fraternel » créée par Ptolémée lorsqu’il avait épousé sa sœur.
http://vigile.net/4-Mars-1681-Fondation-de-la

*la Constitution américaine s’inspirera de nombreux exemples de constitutions européennes, mais également de la Gayanashogova, « la grande loi qui lie » des Odinossonis, mieux connus sous le nom de Confédération iroquoise, Amérindiens de la Nouvelle France.

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Marie-Hélène Morot-Sir150 articles

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Auteur de livres historiques : 1608-2008 Quatre cents hivers, autant d’étés ; Le lys, la rose et la feuille d’érable ; Au cœur de la Nouvelle France - tome I - De Champlain à la grand paix de Montréal ; Au cœur de la Nouvelle France - tome II - Des bords du Saint Laurent au golfe du Mexique ; Au cœur de la Nouvelle France - tome III - Les Amérindiens, ce peuple libre autrefois, qu'est-il devenu? ; Le Canada de A à Z au temps de la Nouvelle France ; De lettres en lettres, année 1912 ; De lettres en lettres, année 1925 ; Un vent étranger souffla sur le Nistakinan août 2018. "Les Femmes à l'ombre del'Histoire" janvier 2020   lien vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=evnVbdtlyYA

 

 

 





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5 commentaires

  • Marie-Hélène Morot-Sir Répondre

    4 juillet 2015

    Cher Monsieur Parent merci beaucoup de nous donner des nouvelles de l’arrivée de la frégate Hermione à New York.
    Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian avait fait le voyage pour venir saluer l'équipage avant cette journée historique du 4 juillet
    Une cérémonie de bienvenue s'est déroulée à bord , les gabiers ont entonné des chants de marins en présence de personnalités l’Ambassadeur et le Consul Général de France à New-York, le, président de Friends of Hermione in America, mais aussi Hervé Blanché, maire de Rochefort, et Jean-François Macaire, président du Conseil régional de Poitou-Charentes, étaient eux aussi venus spécialement de France pour cette escale symbolique.
    L'association Hermione-La Fayette était représentée par son vice-président, Paul Le Bihan.
    Programme d'aujourd'hui, celui de cette journée du 4 juillet (heure locale):
    - 9h : appareillage de L'Hermione
    - 10h30 : rassemblement de la flotte au sud du Pont de Verrazano
    - 11h : début de la parade, L'Hermione ouvre la route
    - 12h : passage devant la Statue de Liberté
    - 13h : demi-tour devant l'Intrepid Museum et descente retour de l'Hudson River
    - 15h : L'Hermione rejoint Governors Island - Yankee Pier
    Encore un beau souvenir pour l'équipage et une nouvelle occasion de marquer l'arrivée de la frégate française !

  • Robert J. Lachance Répondre

    4 juillet 2015

    Dans La Juste Inégalité : Essai sur la liberté, l’égalité et la démocratie, Robert Dutil, 1995 offre un extrait de la Déclaration. Il en propose une mise à niveau révolutionnaire. J’ai transcrit à ce lien ici :
    http://vigile.quebec/Le-Futur-que-nous-voulons#comment111369

  • Chrystian Lauzon Répondre

    3 juillet 2015

    En complément à votre écrit d’histoire finement ciselé, pourquoi ne pas visionner la captivante série télé américaine John Adams (personnifié par Paul Giamatti avec brio!). La série, produite en 2008, mais par moins stimulante et en avance, hélas, sur notre propre libération nationale, est disponible à la Grande Bibliothèque du Québec.
    Et pourquoi ne pas remplacer la (dé)fête du canada rabat-joie pour tout indépendantiste qui se respecte, par un hommage aux Américains d’avoir su, eux, « flushé » très tôt la reine d’Angleterre et la prédation style britannico-orangiste canadian qui nous égorge et esclavagise encore et plus chaque jour, jusqu’à l’assimilation totale et totalitaire en marche contre le Québec, via un déficit monétaire calculé (et payé par Nous en plus!) de surimmigration galopante.
    Couillard et ses voleurs pirates collabos fédéralistes en remettront à l’automne prochain, en augmentant et accélérant le taux d’immigrants au Québec.
    Si on enseignait cet événement américain d’une indépendance réussie et enrichissante, peut-être penserions-nous plus fièrement à faire la nôtre! Vivement que notre Hermione arrive… avec un Poutine anti-islamiste en tête de proue!

  • Archives de Vigile Répondre

    3 juillet 2015

    J'abonde dans le même sens que M. Carmichael et d'autant plus qu'à ce moment-ci, l'extraordinaire réplique de la fameuse Hermione du marquis de Lafayette, a traversé l'Atlantique et, après avoir fait une escale dans plusieurs sites historiques de l'Histoire des USA, l'Hermione, dis-je, est actuellement à New York et sera là jusqu'au 4 juillet, pour la célébration de l'Indépendance américaine.

  • Archives de Vigile Répondre

    3 juillet 2015

    Merci pour ce rappel historique, Mme Morot-Sir. Vos textes sont toujours forts intéressants.